17 avril 2008
Un volant dans la main des hommes
C’est quand même mieux, une femme au volant.
Mon homme, il conduit super bien. Mais j’avoue que même à côté de lui, alors que je suis sur la place du passager, j’ai un peu tendance à freiner virtuellement toutes les cinq minutes. La vie d’automobiliste à Paris, c’est fatiguant. Et ça ne me motive pas à passer le permis d’ailleurs !
Les hommes, je les observe. Tout est bon pour grappiller quelques mètres. Faut pas croire que je cafte, mais rares sont les fois où ils ont un quelconque état d’âme à doubler par la droite, passer au rouge (« mais non, il était orange je te dis ! ») ou faire quelques mètres sur la voie des bus.
Et ils m’inquiètent aussi, les hommes, quand ils sont au volant. Ils seraient prêts à se battre pour un rien. Déjà, et faut pas croire que je cafte, ça y va, les noms d’oiseaux. Et pas que des petits ridicules : non, c’est leur honneur qui est en jeu. Alors souvent ça reste dans l’entre du bocal motorisé. Moi je m’enfonce dans mes épaule, de honte ou tente d’éluder en mettant une musique calmante. Et quand les filles sont à l’arrière, la seule parade que j’ai trouvée c’est que dans la voiture, papa, il a le droit de sortir tous les gros mots qu’il veut. Du coup, elles non plus ne se privent pas : c’est une sorte d’exutoire collectif. Je n’y aurais pas pensé auparavant, je vous avoue.
Par deux fois ces derniers mois, j’ai vu un homme carrément sortir de sa voiture, prêt à mordre mon chéri. Bon, là j’avoue que ça ne m’a pas fait rire du tout. Le jeu calmé, c’est moi qui finissais par le gronder : c’est pas possible de se battre pour une histoire de bagnole quand même !
Alors ce matin, alors que je suis devenue piétonne pour quelques jours, j’ai apprécié d’être à mon rythme, pas franchement stressée, de l’autre côté du bocal. Je n’aime pas traverser ce rond point au dessus de l’A86. Les voitures vont vite et on ne les voit pas toujours venir. Mais l’une d’entre elle s’est arrêtée quand elle m’a vue attendre sagement au bord du trottoir et je n’ai même pas ressenti une quelconque impatience devant ma lenteur de marche. C’était une femme au volant. Evidemment.
Alors je lui ai offert un grand sourire. Il faisait beau. J’étais heureuse. La Crecre s’est levée un peu trop tôt. J’ai râlé certes. Elle allait me mettre en retard pour aller travailler. Mais j’ai pu profiter d’elle un peu avant de partir. Et de son papa qui du coup s’est levé pour prendre la relève. La journée a bien commencé !
26 mars 2008
Achats pertinents
Hier mon chéri ne trouvait pas raisonnable que je m'achète un chemisier à 7 euros (ce n'était pas le prix qui n'était pas raisonnable mais le fait que dans trois mois je n'entrerai plus dans ce chemisier estival)... comme j'étais indécise, j'ai suivi son conseil et l'ai reposé en rayon.
Hier mon chéri s'est acheté pour son bricolage du velcro : 15 euros pour un mètre cinquante. La peau du cul, ma brave dame ! .. et le prix de deux chemisiers !
Hier j'ai quand même ré-achalandé mes produits de beauté. Comme je ne trouvais pas mon bonheur, je me suis achetée une crème pour les mains à 1 euro et des brouettes. Le prix m'effrayait .. et bien elle sent super bon et me fait les mains douces : un régal.
Hier je me suis achetée des crèmes pour le visage au prix du caviar (bio évidemment !)... et bien ce matin j'avais un énoooooorme bouton sur le menton.
Bref, je suis énervée, frustrée, désemparée ... et si j'arrêtais de faire partie de cette foutue société de consommation ?
J'ai encore du chemin à faire .. je sais !
18 mars 2008
Caisse prioritaire
Hier soir je reçois non sans une certaine fierté ma "carte familiale prioritaire". C'est à dire en Français que j'ai le droit durant ma grossesse de ne plus faire la queue à la poste, à la sécu et au supermarché ! LE pied !!!!
Alors je me suis empressée d'accoler une photo sur cette carte et de mettre mes privilèges en pratique.
Chez Edouard L. : il y a deux personnes devant moi à la caisse : un papa qui achète des couches (il a piqué la carte de sa femme, lui ?) et une grand-mère qui ne mange que du foie gras et du saumon fumé (très chic son panier !) ... je peste de mes douleurs dans le ventre (bébé n'apprécie plus que je dorme sur le ventre et il me l'a bien fait comprendre cette nuit). La grand-mère s'excuse et me propose de me laisser passer. Je suis génée, je refuse. D'ailleurs, elle n'a franchement pas grand-chose dans son panier, ça ne devrait plus durer longtemps.
Puis on fait un tour chez un discounter : il n'y a que deux personnes là aussi devant moi mais j'en ai marre d'être debout. Mon chéri me pousse à sortir ma super carte et à passer devant le monsieur chic qui a dévaliser le rayon oeufs de Pâques. Le temps de sortir la-dite carte, la première personne est déjà partie. Mon chéri me presse : "vas-y, passe-lui devant !" Et moi j'y vais timidement : "Monsieur, Monsieur" .. tu parles, l'autre feind de ne pas m'entendre. Et voilà qu'il vide son chariot devant moi qui suis donc condamnée à poireauter.
Heureusement que je ne suis pas encore grosse comme une baleine, je ne suis pas sûre que dans quelques mois j'aurais cette patience.. Enfin, mon chéri lui a quitté le magasin amusé (et moi énervée) : il m'a dit qu'il me fallait un peu d'entraînement ... c'est pas grave, ma carte "femme enceinte" est valable jusqu'en .. novembre 2011 !!! Alors, j'aurai l'occasion je pense de passer devant tout le monde à la caisse une fois ou deux, non mais !

01 février 2008
SOS terrienne en détresse
Il y a comme une sorte d’overdose.
Comme une sorte d’impuissante face à tout ça.
Nous on mène notre petite vie.
Souvent je râle.
Voire je me plaints.
J’ai honte.
Mais ça ne change rien.
Hier à la télé, j’ai vu des gamins à Haïti manger des galettes d’argile parce qu’ils crèvent de faim. J’ai vu notre président avec sa folle mégalomanie. Jusqu’où ira-t-il ? J’ai vu des morts à coups de hachette au Kenya. J’ai vu un prof être mis en examen pour n’avoir pas supporté d’avoir été traité de connard par un gamin de 11 ans. J’ai vu une gamine de 9 ans en Afghanistan être mariée pour l’honneur de sa famille. J’ai vu des trader à la City brasser des millions comme on joue à la roulette au casino. J’ai vu une pelleteuse creuser au fond d’un restaurant chinois …
J’ai lu un article parlant d’hommes qu’on n’entend pas à la télé : Pierre Rabi qui pourrait nous réapprendre à vivre en harmonie avec la terre qui a selon lui largement les moyens de nous nourrir tous, un autre monsieur (dont je n’ai pas retenu le nom malheureusement), qui a une approche nouvelle face aux conflits des peuples et pourraient par cette philosophie régler de nombreux conflits, et David Servan-Schreiber qui nous rappelle que notre mode de vie et notre alimentation contribuent à notre état de santé… Ces personnes sont considérées comme marginales ..
Je reste naïve face aux médias qui reflètent note civilisation : on ne serait pas en train de marcher sur la tête ?
Pendant ce temps-là, des enfants meurent …

03 janvier 2008
Réflexion sur la vie et la mort en entreprise
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu cette expression, mais pour ma part, je l’ai entendu dans bon nombre d’entreprises que j’ai fréquentées. Il y a quelques minutes, je demande à mon collègue :
- « tu as réussi à avoir Harry Machinchose au téléphone ?
- Non, il n’existe plus.
Moi j’ai joué la provocation, un tout petit peu :
- « Ah bon, il est mort ?
- Non, il a été remplacé. »
Ca me choque un chouillat cette expression, « il n’existe plus » : comme si notre existence, notre vie été définie par le poste qu’on occupe dans une entreprise.
Durant des années, je ne me suis pas sentie concernée par celle-ci. Normal, je « n’existais pas », de toutes façons, à leurs yeux. J’étais en CDD, en intérim, prestataire, en fin, juste de passage. Bien sympa, certes, mais j’avais bien compris que d’un point de vue professionnel, je n’étais là que pour accomplir quelques tâches (si possibles celles que le personnel fixe n’avait pas envie de faire eux-mêmes), remplacer une femme partie accoucher ou répondre aux besoins d’une surcharge temporaire de travail (ce prétexte là a été évoqué plus d’une fois pour justifier le renouvellement de certains de ces contrats). Donc j’avais tout de même l’avantage de ne jamais « mourir » lorsque je quittais ces entreprises puisque je ne les avais jamais réellement intégrées.
Maintenant que j’ai été intégrée à la Grande Famille de l’Usine à Gaz, j’ai comme l’impression d’être passée de l’autre côté de la barrière. J’ai un bureau à moi avec ses clefs son mon porte-clef, un ordinateur à mon nom et les gens savent tous comment je m’appelle. C’est un gros progrès, certes. Mais cela m’effraie tout de même un peu parce qu’un jour, c’est sûr, il y aura quelqu’un qui voudra me contacter et qui apprendra que « je n’existe plus » aussi. Alors, j’aimerai qu’avant ce jour-là, je puisse leur dire que non, quand on quitte une entreprise, par la grande ou la petite porte, on existe toujours, et que même parfois, c’est parce qu’on a envie d’exister, de vivre sa vie, qu’on n’est plus là, à son bureau et qu’on a rendu les clefs…
23 septembre 2007
Ca m'ferait pas d'mal !
C'est encore loin le 30 novembre ?
Parce que j'ai hâte de la journée sans ... vous savez qui !

31 août 2007
J’habite seul avec maman …
Aujourd’hui j’ai viré quelqu’un au travail.
C’est pas évident à faire mais j’ai pensé qu’au-delà de mon intérêt voire de celui de l’entreprise, c’était aussi dans son intérêt à ce grand gaillard négligé et vieux garçon qui est arrivé dans mon service il y a un mois maintenant. Vieux garçon, il vivait avec sa maman qui le nourrissait grassement.
Totalement à l’ouest, on pourrait dire. C’était presque mignon…si ce n’était pas dans un contexte professionnel. Il est arrivé tel un extra-terrestre qui aurait débarqué là par hasard un matin, ponctuel.
Poli, et maniéré, il n’a jamais osé le tutoiement mis à part aujourd’hui, lorsqu’il s’est adressé à moi pour la dernière fois. Il a commencé par me vouvoyer puis comme j’ai insisté tout du long sur le tutoiement, il me disait « on » : ce qui avait le don de m’énerver !
Les premiers jours n’ont pas été mauvais, mis à part cette odeur fétide qui s’émanait de lui et polluait l’ensemble de nos deux bureaux. Nous avons tous été polis, nous trois qui jurons à longueur de temps ! Estomaqués !
Il semblait bon élève et me proposait de lire « pour ma culture générale » une étude qu’il avait rédigé sur l’avenir des énergies fossiles voire d’admirer sa collection d’anciennes cartes postales sur le barrage de la Durance ou d’un truc comme ça non loin de la maison familiale. Je refusais souvent en tentant de ne pas le froisser.
Le petit doigt était souvent en l’air quand il ne s’empressait pas de se gratter les roubignolles. Et son pantalon orange digne d’usure que celui d’un ancien éleveur de bovins (pardon messieurs) lui donnait un look d’enfer lorsque sortant des toilettes, la ceinture remontant jusqu’au nombril lorsqu’il oubliait de fermer sa fermeture éclair.
Ce ne sont pas les raisons pour lesquelles je l’ai viré. Je me suis faite une raison et ouvert tout au long de la journée les fenêtres en brûlant de l’encens et éviter de regarder dans le détail l’état de sa dentition. J’espère tout de même que cela ne va pas trop le miner. Qu’il trouvera sa voie enfin un de ces quatre.
22 août 2007
On brûle les soutifs !
Chers amis de la gente masculine, je tiens à vous informer que je suis actuellement dans une phase que l'on pourrait qualifier de façon méprisante de crise passagère qui pourrait s'apparenter à une forme de contestation féministe mais qui concerne une problématique ancestrale, celle de la condition féminine.
Alors que vous me croisiez dans le métro, que vous me côtoyez au bureau, que vous me fréquentiez en société voire même que vous m'aimez au quotidien, sachez que je suis en train de lire ça :
Et c'est vachement bien ! Alors gare à vos fesses, Messieurs, une révolution douce est en marche !
02 juillet 2007
Wonder woman au bord de la crise de nerf
Je n'ai jamais cherché à être wonder woman. Mais franchement, je n'ai rien à envié à la minette ! Je commence à fatiguer sévère parce que sur mes petites épaules il y a : La solution ? mes colègues prennent des vacances (dingue !) et donc j'aurai en plus à assumer leur boulot. Mon homme passe sa journée en réunion en me laissant la crecre avec moi (merci le centre de loisirs de ne pas être encore ouvert) qui trouillotte mes documents. La solution ? il faut que la moquette de la chambre soit arrachée avant la fin de la semaine, lorsque nous recevrons notre nouveau lit. La solution ? mettre de l'eau dans mon vin et tenter d'arrondir les angles quand elles me demandent pourquoi "maman et (moi) on ne s'entends vraiment pas ?" la solution ? bah l'aider encore plus, le seconder, rester égale et ne pas trop craquer la solution ? un marathon PMA qui commence avec des examens de tous les côtés La solution ? Elle risque d'appeler d'avantage dans les prochains jours (semaines ?) parce qu'ils seraient à une phase clefs du divorce (oui mais toujours pas le truc où il y a deux parties, avocats, jugement etc…non, non, juste elle prend son fric et la procédure pourrait commencer.. oui mais déjà là, ça pose problème). Bref si j'arrive à passer le cap de cette tempête, on peut considérer que je peux allègrement postuler au remplacement de wonder woman parce que là, je crois que j'atteints mes limites…
20 mars 2007
Angoisse dans le métro
La journée commençait bien. Certes, j'ai eu du mal à sortir du lit mais mon humeur était plutôt joyeuse et je profitais pleinement des gestes et regards pleins d'amour que m'offrait mon homme. Et le métro s'est progressivement chargé de passagers. Plus nous avancions dans les stations, plus je me sentais serrée, oppressée. Avant qu'elle n'arrive j'ai tenté de fermer les yeux, de faire abstraction, de déporter mon esprit ailleurs, dans un lieu plus serein, mais l'angoisse s'est installée quand mes doigts ont dû lâcher le bout de blouson de mon homme auquel je tentais de m'agripper, pour me rassurer. Et ils se sont mis à me bousculer, et mon espace vital s'est réduit comme une peau de chagrin, inexorablement. Il faut faire face, dans le métro à ces désagréments. On le subit tous. Ces inconnus trop proches de moi vivent cette même promiscuité subie avec résignation. Mais là, je n'y arrivais pas. J'aurais aimé les pousser, tous, pour que je puisse respirer. J'aurais aimé crier pour évacuer mon angoisse. Je ne faisais que retenir mes larmes et demandais à mes jambes de me tenir debout encore quelques minutes. Je suis arrivée au bureau non sans peine. Je n'ai même pas voulu faire le dernier kilomètre à pieds, comme il nous arrive de le faire quand le temps et l'humeur s'y prêtent. Au contraire, je suis allée m'installer pour quelques minutes dans le fond d'un bus, assise en tentant d'évacuer toutes ces mauvaises pensées. Et arrivée au travail, j'ai retrouvé des travaux qui n'en finissent pas : des ouvriers tapent dans les murs, d'autres jouent du marteau piqueur, la poussière agresse mes yeux que je tente de ne pas laisser pleurer. Et untel vient me voir pour se plaindre du système, un autre m'accable d'une erreur commise la veille… Cela fait trois heures que je lutte contre la démoniaque angoisse. Elle partira, elle n'ira pas plus loin heureusement. Cela se voit à peine aussi. Il n'y a eu que mon homme qui m'a demandé timidement si ça allait. Ma réponse positive l'a, semble-t-il, rassuré. Une collègue aussi me trouve pâle mais je profite d'un moment de répit pour tenter d'équilibrer de nouveau mes nerfs. C'est triste, mais je n'aime pas la promiscuité, je n'aime pas la foule, je ne suis pas résignée face à ce théâtre quotidien que nous vivons dans les transports en commun. Je veux de la campagne, du vert et du calme. Je veux décider du quand et comment je voudrais me "frotter" à autrui. Je voudrais cesser de me laisser envahir parfois par ces angoisses liées à la foule. Peut-être être comme tout le monde ?


