De quoi sera fait demain ?

Humeurs, états d'esprit, journal de bord d'une Miss bien trop souvent On Line ... quoi que, je m'améliore !

25 mai 2007

Je vais lui mordre les fesses !

Voilà qu'on m'amène chez le véto, moi qui était de bonne humeur ce matin, qui avait droit à un gros câlin au réveil et qui pensait, bien naïvement faire ma petite ballade tranquillement sous le soleil qui s'installe en cette belle journée.

Mais voilà que le chemin n'est pas celui que nous prenons habituellement, ma Miss et moi. Mais ça ressemble au cabinet du méchant vétérinaire !!! Nn mais ça va pas !!!

Je tente de faire demi-tour mais la Miss campe devant de guichet d'accueil en attendant que l'assistante arrive. A peine là, je les entends parler deux minutes et v'la t'y pas que ma Miss me caresse furtivement la tête et tourne les talons !

Et puis je me retrouve lié par ma foutue laisse à cette assistante. Elle a beau me réconforter : moi, je panique ! Qu'est-ce qui m'attend ? Ca y est, on m'abandonne pour de vrai cette fois-ci ? Parce qu'il arrive qu'elle m'attache à l'entrée de la librairie et comme je gueule à perdre halène, elle finit par revenir me prendre. Là, j'ai beau gueuler, ça ne marche pas, elle ne revient pas. Là, je lui en veux.

Mais quand le véto bedonnant se pointe pour m'injecter une piqûre pour soit disant me calmer, je déteste définitivement la race humaine. Je n'ai RIEN demandé, punaise !

Et puis alors que je suis totalement shooté et que je tente difficilement de rester sur mes quatre pattes pour m'esquiver dès que possible, j'entends l'assistante appeler ma maîtresse : "tout va bien (...) mais on aurait besoin de quelques précisions : on l'opère de quoi au fait, votre chien ?".

Je tombe dans les pommes ...

Monsieur Chien, je viens te récupérer ce soir et vais casser la gueule à ce véto véreux. Promis, celui-là, tu ne le reverras pas !

Posté par Miss Line à 11:48 - La mère à Titi - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mai 2007

Journée de chien

Monsieur Chien va se faire opérer ce matin.

Huit heures, je l’amène chez le vétérinaire avant d’aller travailler.

Neuf heures, il est endormi.

Onze heures, l’opération est terminée.

Midi, je peux appeler.

Dix-sept heures, je peux quitter le bureau pour aller le chercher.

Dix-huit heures, je peux enfin le prendre dans mes bras.

Dix-neuf heures, je l’observe, rassurée.

DSCN2030

Posté par Miss Line à 14:02 - La mère à Titi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2007

Mon chemin

Comment réagir ? Les faits sont là mais si nouveau que je ne réagis même pas. En fait, je n'ai pas intégré les faits. Pas encore.

Je viens de décrocher un CDI. Oui, un CDI. Le truc après lequel j'ai couru pendant des années. Le truc qui m'étais interdit visiblement jusqu'à présent.

Mon arrivée à l'Usine à Gaz a chamboulé ma vie. J'ai mine de rien lâché prise par rapport à cette requête du Saint-Graal-CDI, de l'image que je pourrais donner au travail, de la peur de l'appréciation de mes compétences.

Et j'ai mené mon petit bonhomme de chemin.

J'ai vécu plein d'émotions : des bonheurs, des satisfactions mais aussi des tensions, des bagarres, des révolutions aussi.

Et aujourd'hui, une page devait se tourner. J'ai pris le taureau par les cornes et forte d'une confiance qui ne m'était pas habituelle, j'ai osé.

J'ai osé dire stop déjà. Je ne voulais plus travailler avec ce Marchand de Viandes, intermédiaire injustifié entre l'Usine à Gaz et mooi, maquereau contractuel de l'affaire.

J'ai été ferme, sans appel. Je voulais obtenir le licenciement, je l'ai eu. Avec mes conditions. J'ai eu en face de moi un vieux routard du métier, je ne me suis pas démontée. Je crois que je suis fière de moi..

Parallèlement, j'ai été sollicité, beaucoup. J'ai apprécié. "on souhaiterai tellement que vous intégriez notre équipe" : mine de rien, ça flatte l'ego ! Et ça n'a pas arrêté. Ca m'a soulagé : quoi qu'il advienne, il ne depend que de moi de ne pas être sans emploi aujourd'hui.

J'ai le choix !

Et puis l'Usine à Gaz a commencé à me faire les yeux doux. De plus en plus sérieusement d'ailleurs. J'ai encore du mal à y croire (supersticieuse : tant que le contrat n'est pas signé …et puis mon côté pessimiste qui est toujours un peu là, tout de même..) mais il ne reste plus grand chose pour que cela se concrétise, juste que je revienne dans dix jours. J'ai osé des conditions qui me semblent prétencieuses : acceptées ! Ils semblent tous râvis de m'accueillir pour de bon. Moi, je suis plus perplexe. Cette nouvelle a un goût amer : il faudra composer avec les volontés des autres, ceux qui m'aiment pas Manitoucool, il faudra être intelligente dans ce panier de crabe qu'est l'entreprise, continuer à faire mon petit bonhomme de chemin, sur celui-là, celui qui est le miens, aujourd'ui.

Posté par Miss Line à 13:27 - La mère à Titi - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 décembre 2006

Un miracle avec Monsieur Chien

Hier soir, après manger on a pris un moment de pause. Bon d'accord, en femme soumise que je suis, je faisais la vaisselle. Mais pas un cri, pas un pleur, tout le monde était top zen. Et ça, ça n'a pas de prix.

Papounet et Mistinguette tentaient de déchiffrer un livre sur les chats volants et la Crecre nous mitraillait de photos (doudou à la côte mais Chéri d'amour et moi aussi : "vous vous faîtes un bisou et je vous prends comme ça en photo").

Et puis, elle doit avoir des vers dans le derrière parce qu'elle n'arrêtait pas de bouger. Elle s'est dirigé vers la chambre du bas et est allé faire la conversation à Monsieur Chien qui ne perdait pas une miette de ce que nous faisions tous. "Il a l'air fatigué, le crapaud", m'a-t-elle dit. Bah oui, ce chien-chien-à-sa-mémère, il n'en fout pas une rame de la journée. Au mieux, il compte les boules sur le sapin décoré qui prône à côté de son panier, ou alors, sans que l'on sache, il se fout sur le canapé, zappant devant la télé en fumant des gros pétards.. mais là, j'ai un doute certain. Et puis, elle est parti dans une grande discussion avec Pépère, lui racontant ce qu'il avait le droit de faire et de ne pas faire dans cette maison. Moi, j'avais arrêté mes saines occupations de femme soumise pour l'observer, la Crecre.

Et puis Miss Moulin à Paroles a décidé de faire preuve d'autorité : "au panier !" Et ô miracle, Monsieur Chien a docilement obéi ; a ce moment de l'histoire je voudrais juste préciser qu'avec moi PERSONNE ne m'obéi dans cette maison, même pas Monsieur Chien, c'est pour dire … Elle est venue me voir, la Crecre, ébahie comme si elle avait vu la Vierge Marie : elle a découvert son pouvoir de persuasion face au chien de la famille : quelqu'un écoutait la Minimoys de service. Et là, son visage illuminé m'a éblouie !

                                               Le Chien et Moi

Posté par Miss Line à 10:43 - La mère à Titi - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2006

La trouille de ma vie

Monsieur Chien m’a fait ultra peur ce midi. Nous avons frôlé un scénario catastrophe.

Voilà, il fallait se traîner jusqu’à la pharmacie. Le verdict du médecin : grippe. Donc, je me suis bougée les fesses et en ai profité pour sortir Monsieur Chien. J’étais au radar et lui particulièrement désobéissant.

Nous entrons dans l’immeuble. Je suis fiévreuse. Appelle l’ascenseur. Entre dans l’ascenseur. Appuie sur le bouton deuxième étage. Les portes se ferment. L’ascenseur bouge.

Tout d’un coup. Je me mets à hurler. Au bout de la laisse il n’y a plus de chien. Il est resté en bas. N’est pas monté avec moi dans l’ascenseur. Je n’ai rien vu.

Je tente d’arrêter l’ascenseur, d’ouvrir les portes. Je l’entends crier puis plus rien. Moi, je pleure, je panique. J’imagine mon chien broyé dans le mécanisme de cette saloperie d’ascenseur.

Je veux retourner au rez-de-chaussée et ouvrir cette foutue porte. En même temps, j’ai tellement peur d’affronter l’insupportable.

La porte s’ouvre enfin. Dans un premier temps, je découvre la laisse coincée en bas de la cage d’ascenseur. Ca y est, c’est foutu. J’ai tué mon chien. Et puis je sens une queue remuer et une boule de poils totalement paniquée se blottir contre moi. Monsieur Chien est vivant ! Je ne sais par quel miracle sa laisse s’est détachée. Il a dû être sacrément secoué tout de même, pendant quelques minutes, il boitille. Je le prends dans mes bras et en profite pour tâter l’ensemble de son corps. Il n’a rien de casser.

Il nous faudra une demi heure à l’un et à l’autre pour nous remettre de nos émotions. J’ai dû aussi lui transmettre mon stress parce qu’il est particulièrement collant dans les minutes qui ont suivi. Je l’ai particulièrement observé. L’ai chouchouté, choyé. Il a même eu le droit à une demi boîte de thon à manger. Maintenant, il dort, c’est l’heure de la sieste.

Ce n’était pas son heure. Il a vraiment un super ange gardien, et moi aussi parce que je ne suis pas prête du tout de perdre mon chien que j’aime maintenant, je veux le voir vieillir avant qu’il parte. Et c’est à moi d’être d’avantage vigilent à son égard.

DSC02249

Posté par Miss Line à 14:55 - La mère à Titi - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 novembre 2006

La voix de son maître

Ca faisait longtemps que la Miss ne m'avait pas laissé la parole. Voilà que contrainte et forcée, elle me la donne.

Elle est toute perturbée parce qu'avant, on formait comme un "couple" tous les deux. Maintenant j'ai en charge toute une tribu et tout ça me donne pas mal de boulot.

Déjà, il y a les filles. La Crecre a tendance un peu à m'étrangler quand elle déboule pour me faire un câlin et Mistinguette m'épuise à me lancer ma balle sans arrêt (eh, c'est plus de mon âge de jouer pendant des heures, ma balle, on la lance une fois ou deux, ça me suffit amplement !).

Et puis il y a lui, l'Homme, le vrai. Le chef de meute, comme on dit chez nous.

Il m'impressionne quand il est en colère. Je ne sourcille pas quand il me dit avec sa grosse voix et son regard foudroyant d'aller au panier. J'y vais sans broncher, je vous assure !

Par contre, j'aime bien me balader avec lui. La Miss, elle n'ose quasiment plus me balader sans laisse. C'est vrai qu'avec elle, j'en fait qu'à ma tête. Y'a plein de nouvelles odeurs à découvrir, et de l'herbe partout ! Alors, je retourne à ses pieds quand j'en ai envie. Et je la fait poireauter la pauvre ! Mon Chef de Meute, lui, il me siffle, j'accoure ! Alors, je fais de superbes ballades avec lui. J'adore !

Et c'est lui qui me refile aussi les assiettes inachevées des filles : j'en ai mangé des crasses avec lui : des saucisses, des côtes de porcs, des haricots verts, il me laisse même lécher le fond de ses danettes. Et ce matin, j'ai eu droit à un choco BN au petit dej', c'est pour dire ! Alors que la Miss, elle c'est invariablement des croquettes ! Alors, quand ils sont tous à table, j'observe du haut de ma terrasse les assiettes des petites et la main de mon maître.
Cette main là, elle m'a donné quelques fessées, certes. Mais elle est vachement câlin aussi : j'ai droit chaque jour à des caresses de mec !

Bon, faut avouer que seules aujourd'hui me font soupirer de plaisir celle de ma Miss qui seule à le secret des papouilles derrières mes oreilles tombantes. Enfin, dans l'histoire, le fait d'avoir adopter cette tribu me donne du travail mais me comble au quotidien !

Posté par Miss Line à 11:25 - La mère à Titi - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juin 2006

C'est pas bon signe

Il fait beau. Miss Line fait de plus en plus la grimace en me caressant : il paraît que je suis "poisseux" ! Elle crie quand le matin je lui saute dessus alors qu'elle est en blanc, en noir, ou de n'importe quelle couleur d'ailleurs .. Je crains fort que ce week-end je passe à la casserole…je vais être lavé… C'est pas une vie de chien !

Posté par Miss Line à 10:52 - La mère à Titi - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2005

Le vieux couple

Oh je l'observe, le sac à puces. C'est vrai que ces jours-ci l'ambiance est électrique entre lui et moi.

Déjà, il me réveille toutes les nuits actuellement. Monsieur veut me protéger ainsi que son foyer, du coup, il montre les crocs dès qu'un voisin a la malheureuse idée de passer devant mon palier en pleine nuit. Il serait jaloux avec ça ?

Il y a un point qui m'énerve aussi, le sacro-saint quotidien, celui qui use, qui fatigue. Il faut que je lui donne à manger tous les jours, il préfère mon assiette à la sienne bien sûr, et veut sortir qu'il fasse nuit, qu'il fasse froid ou qu'il pleuve.

Et même si j'ai envie d'avoir mon espace vital, Monsieur s'impose, s'incruste. Il aurait dû s'appeler sécotine, c'est un fait.

Monsieur sent bien que j'ai du mal à être charmée par ses caprices. Malgré ses yeux de merlan frit, je n'arrive pas à succomber. C'est vrai quoi, est-ce qu'il a le droit de me piquer les 3/4 de ma couette et cela sans me demander bien sûr ?

J'en ai marre qu'il n'en fasse qu'à sa tête : Monsieur ne m'écoute que lorsque ça l'arrange. J'ai le sentiment d'être une vraie peau de vache actuellement. Je me surprends râler beaucoup trop. C'est pas cool de sa part de me faire surgir le côté obscure de la force, le Dark Vador qui sommeille en moi.

Et puis, il ne faut pas croire qu'il va bouger ses fesses pour passer l'aspirateur et virer ses sales poils de mon parquet. Et ce n'est pas faute de m'avoir déjà vu faire.

Mais bon, comme je suis reposée, calme et disponible ces jours-ci, mais aussi tout simplement parce que je l'aime, il a le droit a de nombreuses caresses, mon Monsieur Chien adoré.

Posté par Miss Line à 13:27 - La mère à Titi - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 septembre 2005

La pluie

Salut, c'est de nouveau moi, Monsieur Chien.

Miss Line est partie ce matin en laissant le clic-clac de traviole. Pas le temps de réparer le mécanisme. Et je dors où moi, toute la journée ?
Bref, la porte fermée, je commence ma journée au calme. Je roupille. Je vais boire un coup. Et puis je roupille. Tiens, quelqu'un passe devant ma porte, j'aboie, deux fois, juste pour impressionner. C'est ma mission à moi de protéger Miss Line et notre maison.

La journée passe. Les humains pensent que la notion du temps nous échappe, à nous les chiens. Mais pas du tout. C'est long...
Heureusement, j'entends des pas familiers dans le couloir. C'est elle ! Youpi. Elle fait du bruit avec ses clefs et dès qu'elle met un pas dans notre appartement, je suis envahi de bonheur. Je réclame une caresse. Allez, Miss Line, sois pas avare, tu peux m'en faire deux.

Elle pose ses affaires à droite, à gauche dans l'entrée. Je ne calcule pas : je suis trop heureux. Ca y est, c'est le soir, on se retrouve tous les deux. Je vais avoir le droit à ma gamelle (bah oui, c'est primordial quand même), des petites caresses, vais peut-être apercevoir ma chérie, Nala et surtout savoir juste qu'elle est là.

Comme chaque soir où elle revient du travail, dès qu'elle arrive, elle va et vient dans l'appartement, sans trop me regarder d'ailleurs, et tout d'un coup, va dans l'entrée, prend la laisse et mon collier (elle hésite souvent, j'en ai plusieurs, elle me gâte, Miss Line).

Tiens, ce soir c'est une des plus courtes. Ca m'est égal, ma vessie se rappelle à moi tout d'un coup et ça me fait plaisir de prendre l'air.

On descend en trombe les escaliers, je la laisse passer devant, je suis galant, moi ! Et elle ouvre la porte de l'immeuble...la cata !!! Il pleut ! J'ai horreur de ça. Oh non, Miss Line, on peut faire demi-tour, je n'ai pas envie de me mouiller. Allez, on rentre ?

Non, elle avance, d'un pas décidé. Cette andouille a oublié son parapluie et son pull. Lequel de nous deux est le plus mouillé ? Ca se vaut. Un homme se marre en nous voyant, au volant de sa voiture, au sec. Pfff, on l'ignore, on le snobe.
Je lève la patte sur tous les arbres du quartiers. Miss Line fait demi-tour au bout de la rue. On se regarde, elle s'excuse. Mais je comprends.

On prend le chemin du retour : ouf. Là, je prends les devants. Je connais le chemin par coeur. D'ailleurs, elle me lâche, je cours un peu. Direction : au sec !

Nous remontons rapidement les cinq étages. Arrivés à la maison, elle se déshabille directement et me dit de filer dans la salle de bain. Je ne me fais pas prier : je sais ce qui m'attend. Et là, c'est le pied ! Elle s'assoit par terre et sort le sèche-cheveux. Pour moi ! J'adooooore ! Cette chaleur sur mon pelage mélangé à ses caresses. Je pose ma tête sur son genoux, et ferme les yeux. Oh que c'est bon. Et en plus, ce soir, elle prend le temps de me sécher complètement, elle a l'air calme, ça me râvi d'autant plus.

Ca y est, c'est fini. J'ai même droit à un bisou sur le front. Oh que je l'aime ma Miss. Par contre, ça me rend un peu triste parce que, elle, elle a oublié de se sécher. Elle va être malade si elle ne fait pas attention à elle.

Posté par Miss Line à 20:34 - La mère à Titi - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2005

Mes névroses... vues par Monsieur Chien

Depuis le temps que je la vois taper sur cet ordinateur, Miss Line, je finis par savoir m'en servir aussi. Facile, il suffit de mettre la patte sur le clavier.
Et puis, elle m'énerve la Miss avec cet ordinateur. Et que je te l'allume, et que je passe des heures dessus sans me regarder, et que je vais même le mettre dans le lit à ma place. Alors là, c'est décidé, je prends la parole.

En fait, je m'inquiète pour ma maîtresse (quel drôle de mot, avec ses multi-sens.. je crois que je ne l'aime pas trop). Pourquoi ? Parce qu'elle s'inquiète pour moi. Un pet de travers et elle m'embarque chez ce sadique de vétérinaire. D'ailleurs, je me suis bien vengé il n'y a pas si longtemps que ça. J'avais, d'après ce que j'ai compris, "une infection des glandes anales". Ouille, je douille quand j'ai ça, et ça arrive souvent, c'est cyclique. Alors, le véto, il m'a mis un truc dans le derrière pour faire évacuer le pue. Et splash, ça a jiclé sur ses lunettes ! La gentille assistante, Miss et moi, on s'est bien marré. Pas lui.
Du coup, la dernière fois que je l'ai vu, il m'a fait la batterie de vaccins annuels. Et moi, j'aime pas les piqûres.

Et puis là, Miss Line, ça fait plusieurs semaines qu'elle a repris le travail. Bref, elle m'abandonne tous les matins et revient le soir, pas très disponible. Fatiguée. Elle a beau m'expliquer qu'en travaillant, elle oeuvrait pour le foyer et cela permettait de m'acheter des croquettes, moi, ça ne me suffit pas. Je la veux, là, tout le temps, avec moi.
OK, je suis accaparant. Mais quand même, avouez que le réveil à 6h du matin, c'est dur aussi pour moi. Et puis elle tourne dans tous les sens dans l'appartement, parce que, bien évidemment, elle est toujours en retard. Ça me fatigue tout ça. Alors, je prends la place stratégique, je m'allonge dans la salle de bain et la regarde passer de la cuisine à la pièce principale. Bon, ok, j'avoue, au début quand elle prenait sa douche, je la regardais du coin de l'oeil. Mais quand elle a commencer à me jeter de l'eau sur le museau, là, ses gamineries, je les ai trouvées de mauvais goût. Alors maintenant, tant pis pour elle, je ne la regarde plus, je dors. Et puis après, c'est toujours le même rituel (moi j'aime bien que les choses soient cadrées, les repas, les sorties, j'aime bien que tout ça se fassent à des heures précises. Et puis, pensez un peu à ma vessie, je suis obligé de me retenir des heures moi, alors si en plus elle s'avise à vouloir me sortir plus tard le soir, moi, je tourne en rond) la ballade du matin se fait souvent au pas de course. Heureusement, elle a assez souvent confiance en moi, même s'il m'arrive de faire des bétises parfois, alors elle me ballade sans laisse et là, je cours afin de garder la ligne (j'ai lu ça dans un de ses magazines, qu'il fallait faire du sport).

Alors, depuis qu'elle a pris ce boulot, moi, je déprime. J'ai toujours eu l'habitude depuis tout petit à la laisser partir le matin tôt pour qu'elle rentre tard. Et puis tout d'un coup, du jour au lendemain, voilà qu'elle squatte mon canapé pendant des semaines et des semaines.
Mais là, allez savoir pourquoi, je n'aime pas ça. Ça m'angoisse ces journées tout seul. Alors, comme tout névrosé, j'ai pris une sale habitude. Il n'y a qu'à la voir, elle : elle a bien repris la cigarette depuis qu'elle s'est remise à travailler. Et bien moi, je me gratte partout, frénétiquement. Au début, la Miss, elle a cru que c'était les moustiques. Parce que, elle comme moi, on aime bien dormir la fenêtre ouverte, alors les moustiques, ils s'en donnent à coeur joie. Comme je me grattais jusqu'au sang - comme elle d'ailleurs- elle a voulu jouer les infirmières et m'a aspergé d'éosine. La honte, je suis resté des jours et des jours avec des tâches roses sur mon joli pelage noir et blanc. Mes copains de quartiers se sont bien moqués de moi.

Et puis hier, elle a parlé avec les voisins. Eux aussi, ils ont une chienne. C'est ma copine. Elle est tellement délurée que je m'éclate à fond avec elle. Qu'est-ce qu'on peut jouer ensemble ! J'ai quand même prété l'oreille à ce qu'il se disait. J'ai entendu mon nom à plusieurs reprises. Et là, Miss Line a enfin compris : je me gratte parce que je m'ennuie. Oui, même si elle me donne un petit gâteau avant de partir le matin, même si elle a renoncé à m'interdire le canapé et même si j'ai accès à la télécommande, et bien, dès qu'elle n'est pas là, je m'ennuie.

Alors Miss Line, prise de remord, me regarde bizarrement depuis hier. Elle culpabilise. J'ai même bien senti que ce matin, il ne fallait pas grand chose pour qu'elle m'amène avec elle au bureau. Mais elle n'a pas osé. Elle a encore claqué la porte, en me disant son sempiternel "je reviens". Tu parles ! Ne précise pas quand non plus !
Par contre, ce qui m'inquiète c'est son changement de comportement. Là tout d'un coup, j'ai double ration de caresses. Elle m'a même offert de la pâté qui pue comme j'aime. Et puis, quand elle parlait avec les voisins, ils ont eu la mauvaise idée de lui glisser qu'elle pourrait peut-être me prendre un animal de compagnie. Je la sens hésitante. Pourvu qu'elle ne fasse pas cette folie. J'accepte déjà les humains, avec plaisir même, mais alors, un autre animal qui viendrait me détrôner.. ça me déprime encore plus...

Posté par Miss Line à 20:06 - La mère à Titi - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1