12 octobre 2009
Au croisement des chemins
Je pense à cet homme, évadé de prison, traqué par les polices dans les forêts de l’est français. Quelles émotions vit-il actuellement. L’issue de cette histoire pourrait-elle ne pas être fatale ? Qu’il soit victime ou bourreau, son expérience me fait prendre conscience qu’on ne peut échapper au jouc de la civilisation, à l’action d’autrui sur sa propre vie et que faire fasse à tant d’acharnement ? Fuir désespérément comme l’a fait cet homme, affronter le combat quitte à en perdre quelques plumes voire à se perdre tout court, s’armer d’une carapace qui finit par nous enfermer dans un rôle qui n’est pas non plus totalement le sien.
Je suis fasse à cette problématique. Je sens qu’elle se précise un peu plus chaque jour et qu’il va me falloir faire le choix. Il me faudra choisir le chemin que je déciderai de prendre.
Oh il ne s’agit pas de savoir si je mets un pantalon ou une robe demain pour aller travailler, ou si je change de médecin une fois de plus pour mon Lardon chéri parce que la dernière consultation fut un fiasco total, une fois de trop.
Je regarde droit devant moi et il me faut choisir un chemin, celui qui construira mon histoire. On le fait chaque jour, chaque instant sans le savoir. Mais face à toute cette agressivité, cet acharnement, cette violence, cette injustice, cet abandon qui m’obligent chaque jour à peser les mots que j’emploie, à anticiper les actions que je mène, à puiser de l’énergie pour sourire malgré tout à ceux que j’aime, il me faut faire un choix.
Je pourrais laisser mes larmes couler. Et là, je ne me lèverais plus. Je resterais enfouie sous des buissons espérant que personne ne me trouve. Je me consolerais à l’aide de nourritures et de boissons enivrantes. Je me plaindrais à qui veut bien m’écouter. On me caresserait certes. Mais moi j’ai envie d’avoir ma part de bonheur, et pleure, ça prend du temps !
Je pourrais rugir telle une lionne assoiffée de sang. Je pourrais être violente. Je mettrais mon intelligence au service de la Loi du Talion. Je traînerais dans la poussière toutes mes causes de misère. Je serais soulagée. Je ne me serais pas laissée piétiner. Mais trop occupée, mon bonheur délaissé se sera fait la malle.
Le chemin que je prends est celui du bonheur. Beaucoup en parlent et tentent de l’indiquer. Pourtant ce n’est pas si évident de tracer sa route sur un tel parcours. Les contours y sont flous, l’arrivée pas distincte, et souvent il faut accepter de s’y perdre. Les tentations de retrouver les chemins bien banalisés, ceux que je connais si bien, ceux du découragement, de la peur, de la tristesse et de la colère sont telles des sirènes charmants les aventuriers perdus.
Le chemin que je prends est celui de l’inconscience peut-être, de l’utopie, on me l’a souvent dit, de l’égoïsme, je suis navrée si on le pense.
Le chemin que je prends est celui qui m’est dicté par moi, par mon corps qui me surprend à tenir toujours droit, par mon cœur qui ne bat que pour amour, par mes rêves que j’ai la prétention de pouvoir réaliser, par mon âme qui n’est faite que de douceur, par deux hommes, celui que j’ai choisi et notre enfant qui me rappellent quand parfois je doute que chaque pas, chaque sourire qui ravale les larmes, chaque ritournelle chantée le soir avant mes cauchemars, que chaque vertige maîtrisé à temps est un choix que je fais pour alimenter mon bonheur. Parfois c’est si dur qu’écrire sert de canne lorsqu’on est essoufflé, que s’arrêter sert aussi à s’oxygéner, Il faut prendre garde à ne pas se tromper de chemin.
27 juillet 2009
Parce que je suis « forte » en orthographe
Ca se passe mal au boulot. Certains vont finir par croire que je suis atteinte du délire de persécution. Je ne sais pas si cela est vrai ou pas. Objectivement.
En tout cas, je vis mal ces derniers temps dans mon environnement de travail.
On me met à l’écart. On m’isole. On me sclérose.
Bref, je finis par me sentir inutile.
Mais aujourd’hui, on m’a sollicité.
On m’a demandé : « ça s’écrit comment « superflu » ».
Voilà, c’est tout.
21 juillet 2009
Un déraillement
La vie est faite de petits rituels. Lorsqu’on a trouvé le bon rythme, on fait tout pour s’y tenir. Ca rassure. C’est pratique. Ca laisse le temps pour les bouffées d’amour.
Le matin en semaine, je me lève
Après avoir fait un biberon, je monte vers les chambres et réveille mon bébé et son papa. Le premier m’offre directement un sourire. Il faudra attendre 5 minutes pour que le deuxième m’en fasse un aussi. Et oui, dur dur de quitter la couette !
Bébé est heureux d’aller dans mes bras, de boire son biberon en me tenant la main et de jouer avec les boules de lavage pendant que je me coiffe dans la salle de bain.
Tout le monde est habillé. La bonne humeur est parmi nous. Il est temps de partir pour la crèche et le travail de papa-maman. On continue dans cette ambiance de bonne humeur. J’appelle le Lardon à venir ramper jusqu’à moi. Il est si fier de se mouvoir tout seul maintenant.
Papa prend bébé dans les bras. C’est le bonheur total. Et quand la voiture démarre, c’est toujours la fête. Un jour, papa t’apprendra à conduire, mon fils (pas maman, c’est sûr !).
Arrivés devant la crèche on rencontre ton copain Lubin avec qui tu passes tes journées à t’éclater. Son papa et moi vous posons sur le tapis d’éveil. Marie-Alice vous attend avec son sourire plein de gentillesse et de douceur.
Je te fais le bisou rituel, et te dis « à tout à l’heure mon chaton, amuse-toi bien ! » et me dirige vers la porte de sortie.
Mais là, tu n’as pas envie que je te laisse aujourd’hui. Tu rampes avec toute ton énergie vers moi, en pleurant. « Non, maman, ne m’abandonne pas ! ». Je vois Marie-Alice te prendre dans ses bras. Je sais que c’est à elle de te faire passer cette transition maintenant et je lui fais confiance. Moi je referme cette porte avec la boule au ventre. Tu as dû passer à autre chose rapidement. J’espère.
Moi j’ai un coup de blues. Je n’ai pas envie d’aller travailler. Je voudrais rester avec toi aussi mon bébé. Mais je ne peux pas. Et là, alors que tu deviens un grand bébé, je me rends compte que faire le choix d’aller travailler et de te laisser à la crèche n’est pas évident au moment de l’adaptation mais aussi maintenant.
Et merde !
09 juillet 2009
Hier, aujourd'hui et demain
Hier j’ai amené le Lardon à l’hôpital pour faire des examens en vue de son opération.
Hier le Lardon était adorable, courageux et conciliant.
Hier les heures sont passées sans que je m’en aperçoive.
Hier j’ai vu mon bébé à la fois fragile et fort.
Hier j’ai gardé beaucoup d’émotions en moi.
Hier j’étais une maman forte aux yeux de mon fils.
Hier j’ai mangé deux tartines de Nutella en guise de dîner.
Hier j’ai appris que son rein était atteint.
Hier j’ai appris qu’il y avait des cas plus graves.
Hier j’ai appris qu’il est maintenant urgent que mon bébé soit soigné.
Aujourd’hui le Lardon est retourné à la crèche.
Aujourd’hui les bébés vont apprendre à faire de la musique.
Aujourd’hui je suis retournée à l’Usine à Gaz.
Aujourd’hui je me laisse le droit de craquer.
Demain (ou un peu plus tard), mon bébé sera soigné et j’espère, ces moments appartiendront au passé.
14 mai 2009
Good vibes
La ronde des hôpitaux suit son cours.
Le lardon et moi commençons à être familiers de cet hôpital parisien dédié aux enfants. Bon, certes, on a failli se perdre mardi non loin de la morgue mais j’ai très vite rebroussé chemin.
J’apprends à me méfier de ce qui est écrit parfois (des conclusions médicales contradictoires, des convocations à des rendez-vous fantômes) et m’accroche pour tenter d’avancer d’examen en examen, de consultation en consultation vers cette opération qui se prépare peut-être bientôt.
Heureusement que mon Lardon ne souffre pas. Il va bien. Il grandit, change, m’émerveille et fait râler la nounou de la crèche qui le trouve limite capricieux (pauv’ conne !).
Je pensais que je finirais pas tomber. Non. Je vascille souvent. Je doute beaucoup de moi. Mais je tiens debout. D’ici quelques temps, j’espère pouvoir être fière de moi. Et en même temps, c’est tellement normal.
Mon chéri, le Grand, l’amour de ma vie, aussi est parti un jour aux urgences. Des douleurs insupportables. Une « grande urgence », comme ils disent à l’hôpital. Il a fallu faire vite, efficace.
Ils m’ont aussi fait peur. Très peur.
J’ai eu des nuits seule dans mon lit à me demander quand il reviendrait se coller contre moi en dormant.
Il est revenu. Je peux de nouveau blottir mes pieds glacés sous la couette contre lui. C’est si bon.
Le planning des semaines à venir commence à se définir. Il y aura sûrement encore beaucoup d’heure à passer dans des salles d’attentes, sûrement à l’hôpital aussi. Moi qui voulais profiter des beaux jours pour planter des jolies fleurs sur mon balcon et peindre des meubles pour les enfants, je mets ces projets en suspends. Peut-être aurais-je le temps, l’envie. Peut-être pas. On verra.
Hier soir j’ai apprécié de promener Monsieur Chien tranquillement dans les rues calmes après l’orage de ma banlieue rouge. Les couleurs, les odeurs semblaient exploser après avoir été anéanties par cet orage.
J’ai aperçu des jeunes gens danser dans une salle des fêtes hier soir en promenant Monsieur Chien. Tous des blacks, ils faisaient vibrer leurs corps habillés de mille couleurs sur des musiques enivrantes créoles. Ils m’ont donné envie. J’ai retrouvé un instant le sourire grâce à eux. L’envie de danser.
10 décembre 2008
Elle coure, elle coure la Miss Line
Je suis toujours vivante !
Si, si, je vous assure, puisque je prends un peu de temps à écrire un blabla sans consistance dans ce blog.
Juste un petit coup, pour me plaindre et pour vous rassurer un peu aussi (enfin, si ça vous rassure !).
Globalement, j’ai l’impression de subir.
Subir le fait de ne voir mon petit bout qu’un tout petit peu le matin. Le réveiller (je soupçonne le lardon d’être une feignasse du matin !). Coller le biberon dans la bouche. Lui faire avaler vite ou renoncer et proposer de le finir plus tard à la crèche, sans moi. L’habiller. Fermer cent vingt mille pressions de bodies, salopettes, tee-shirts etc. Sortir le chien (parfois), fumer une clope et laisser le thé se refroidir dans sa tasse. Enfiler la combinaison de cosmonaute du lardon. Mettre mes jolies bottines toutes neuves et prendre la voiture.
Larguer le colis à la crèche. Donner le rapport des dernières heures. Un gazouillis. Au mieux le temps d’un sourire. Et recourir vers la voiture.
Les embouteillages.
L’Usine à Gaz.
Allumer le pc. Faire chauffer l’eau du thé. Défaire les cartons de déménagement (quelle bonne idée de reprendre le boulot quand l’entreprise déménage …). Se lancer sans conviction dans un boulot qui ne me plaît pas. Ah bon, je dois en plus prendre la place de l’informaticien qui a été viré. Quelle chance ! Une augmentation ? Faut pas rêver. Fallait choisir : faire un bébé ou progresser dans les échelons. Donc fermer sa gueule et attendre la quille chaque soir.
En attendant, passer le balai dans la cave de l’Usine à Gaz. Si, si ! Ca valait le coup d’être cadre ! Retourner à son pc et tenter de comprendre ce qu’il se passe dans l’ordinateur, à l’intérieur. Attendre l’heure de la quille. Faire réchauffer son thé et fumer une demi clope.
Participer à une réunion et faire la fille de service. Fermer sa gueule et prendre des notes. Répondre poliment à ceux qui demandent des nouvelles du gnome. Ne pas se projeter sur sa journée. Ca ne sert qu’à faire pleurer.
Reprendre la voiture. Courir jusqu’à la crèche. Retrouver le sourire en prenant le lardon dans les bras. Enfiler la combinaison de l’espace. S’engouffrer dans la voiture. Faire risettes à Papounet.
Rentrer à la maison. Tenter de fumer une clope en entendant hurler le lampion. Lui donner son bain. Gazouiller. Parenthèse enchantée. Profiter des quelques derniers sourires de la journée. Sortir le chien. Préparer à manger. Administrer les médicaments du Bébouille puis de Monsieur Chien. Donner le biberon et faire un câlin avant de le laisser dormir.
Prendre le pinceau et peindre sa chambre. Lancer une lessive et ranger le bordel. Tenter de retrouver les ordonnances pour se faire rembourser par la Sécu. Ecrire un courrier incendiaire à la CAF. Préparer l’entretien avec l’avocat. Emballer les cadeaux de Noël.
S’enfermer avec son chéri dans la salle de bain. Feuilleter Famili et Psychologies sur la lunette des toilettes. Prendre une douche. Ne pas trop se regarder. Préparer les vêtements du lardon et de moi-même pour le lendemain. Avoir Doudou et la tototte toujours à portée de mains.
Se coucher. Faire l’amour et s’écrouler.
Ah si j’étais riche .. et bien, je m’offrirais du TEMPS !
26 novembre 2008
Et même de la main gauche !
Et oui, je sais même préparer un biberon d’une seule main (et la gauche de surcroît, alors que je suis droitière) maintenant, bébé pleurant à chaudes larmes dans l’autre.
A part ça, la crèche, ça va…enfin, pour bébé parce que je le vois bien qu’il n’a d’yeux que pour la gentille Nounou … pffff
Moi, je répète l’épreuve pluridisciplinaire de lundi matin avant 9 heures, heure à laquelle officiellement je devrais être au bureau. J’ai comme l’impression que tout le monde s’y met pour m’entraver mon petit quotidien : Nounou n°1 qui n’est pas à la crèche actuellement, les tétines Remond qui ont décidé de ne plus approvisionner le 9-3 (impossible de mettre la main dessus .. et en même temps, moi, je tournais aux tétines Avent jusqu’à présent, et ça m’allait bien comme ça), Monsieur Chien qui vieillit et me donne bien du souci au-delà des quatre médicaments à administrer chaque jour, plus de kleenex à la maison, bébouille qui semble faire sa première bronchiolite et cerise sur le gâteau, même la DEE s’y met puisque le seul chemin qui nous amène en voiture à la crèche sera fermé durant les 15 prochains jours .. et donc Bibi va courir avec son char d’assaut à la crèche à pinces le matin avant de choper la voiture de Super apounet et le tout pour être à 9 heures au boulot …
.. alors faudrait être clair dès maintenant : quand j’arrive au boulot, je souhaite ardemment pouvoir souffler au moins une demi heure avec thé, croissants avant de reprendre les hostilités de la journée !
Po-si-ti-vons : à ce rythme là, je vais arriver à les perdre ces foutus kilos !
… ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas de nouvelle : c’est que je croule sous les couches et les biberons !!!!
17 novembre 2008
Répétition générale
Idéalement, j’aimerai qu’il fasse ses nuits lorsque je reprendrai le travail.
Il est vrai que j’apprécie le fait de ne pas avoir encore à courir le matin en regardant l’horloge qui me dit que d’ici peu, je vais finir par être en retard pour aller travailler.
Ce matin, j’ai vécu une répétition générale sans m’en rendre compte … râtée !
Ca commence par la nuit. Ah ça c’est facile de s’endormir profondément après biberon, bain et câlins avec papa… Oui j’avoue, j’ai hésité à le réveiller vers 23 heures parce que même s’il fait beaucoup de progrès, je me doutais fortement qu’il ne pourrait pas faire de marathon commencé à 19 heures sans biberon nocturne. Et puis en voyant son visage angélique plongé dans un doux rêve, j’ai cédé : j’ai éteints la lumière et me suis attendu à me réveiller ponctuellement dans la nuit. D’abord entre 1 et 2 heures puis entre 5 et 6…
Puis un peu plus tard, le réveil sonne. Pour mon homme, qui lui n’a pas de transition à faire. La sonnerie du réveil ne l’a pas perturbé dans son sommeil. Alors encore un effort m’est nécessaire pour le sortir des bras de Morphée. Oui il est réveillé. Ouf, je me rendors en appréciant le fait de pouvoir le faire encore sereinement.
Mais quelques minutes plus tard, branle bas de combat : mon homme s’est rendormi : il est en retard. Là, il se lève d’un coup et commence à courir dans tous les sens. Je lui propose de sortir le chien pour lui faire gagner du temps. Il refuse poliment. Mais alors que je repartais dans mes rêves, voilà qu’il revient dans la chambre : finalement, il accepte ma proposition : il est vraiment trop en retard.
Alors, j’enfile un jean, un tee-shirt et un pull et me voilà dehors avec un Monsieur Chien râvi de prendre son temps à renifler les pipis de ses congénères. Il faut que j’accélère pourtant, mon homme attend mon retour pour partir au travail.
Un petit bisou rapide et me voilà seule en piste. Alors je tente de positiver. Il est trop tard maintenant pour espérer reprendre mon sommeil là où je l’ai laissé. Alors j’espère au moins prendre un petit déjeuner tranquille.
Râté. Alors que mon thé est encore bouillant, j’entends mon fils pleurer dans la chambre. Je tente de boire quand même ce breuvage qui m’aide habituellement à démarrer de bon pied mes journées. En fait, je me brûle et fini par renoncer. Bah oui, je ne suis pas capable de laisser hurler mon fils trop longtemps. Surtout le matin, au réveil.
Alors, j’abandonne mon petit déjeuner et vais le voir. Je redouble d’efforts et de risettes pour lui faire décrocher un sourire et effacer ces instant où il hurlait pour m’appeler. Ca marche. Rien à faire, ce petit sait jouer de son charme avec moi : j’en oublie mon petit déjeuner sacrifié. Je lui donne encore un biberon. Celui-là, on ne peut y échapper. Bon, il dure plus longtemps que prévu et je m’extasie devant ses areuh de plus en plus fréquents.
Il est 9h01, j’ai une petite pensée pour ceux qui commencent leur journée de travail. Moi je suis dans ma chambre, mon fils est aussi mouillé que moi : il vient de faire le pipi qui déborde d’une couche trop pleine. Je ne peux m’appesantir d’avantage : il faut l’habiller. Je le change donc de la tête aux pieds. Lorsque c’est fait, je constate que je devrais en faire de même : entre ce jean troué qui n’en peut plus de mes kilos en trop et ce tee-shirt devenu trop court qui de toutes façons est mouillé par mon fils, je me retrouve en culotte devant mon placard. Ne cherchant pas à faire de sensations particulières aujourd’hui, je prends le premier pantalon et tee-shirt qui sont devant moi.
Voilà, il est presque 10 heures et pas coiffée, ni complètement éveillée, nous voilà, mon fils et moi, presque prêts à affronter cette nouvelle journée.
J’aurai dû reprendre le travail aujourd’hui. Mon congé maternité est terminé. Je fais du « rab » pour la période d’adaptation à la crèche de Junior qui commence demain : rendez-vous à 9h30 à la crèche, et j’appréhende déjà de ne pouvoir réaliser cet exploit.
Enfin, il va falloir que j’y arrive à être fin prête juste … deux heures avant celle à laquelle je l’ai –presque- été aujourd’hui ….
C’est pas gagné !

10 octobre 2008
Naïve
Pendant mon congé maternité, je rêvais de …
Reprendre la peinture
Ecrire, écrire, écrire
Lire au moins un livre par semaine
Faire du rangement dans la maison
Changer de look
M’occuper de moi, le faire les ongles par exemple
Avoir une vie saine et manger é-qui-li-bré
Faire le marché le jeudi matin
M’occuper correctement de mes plantes
Peigner Monsieur Chien une à deux fois par semaine
Préparer de bons petits plats à mon chéri
Faire de la Wii Fit tous les jours
Et je suis sûre d’en oublier !
Mais j’avais oublié UN détail : le congé maternité ne sert qu’à une chose : s’occuper du bébé !
Bon ça y est, je suis résignée depuis quelques temps : alors j’en profite à fond : je pouponne !
04 juillet 2008
Les sanglots longs
Il faudrait pas s’affoler, mais j’arrête pas de pleurer !
Oh c’est sûrement les hormones qui me jouent des tours, et mine de rien, je sens que ma vie va être chamboulée d’ici peu et y’a de quoi flipper quand même. Le bonheur aussi me fait pleurer, vous savez …
Et je dors mal aussi, trop peu. Donc j’ai les nerfs à fleur de peau. Je plains mon chéri qui vit 24h/24 avec moi : il subit tout ! A tel point qu’hier, je me mouchais encore dans son tee-shirt et lui parlait à son fils, à travers mon bidon « elle est chiante ta maman à pleureur tout le temps, tu sais » avec sa voix la plus douce. Là j’ai craqué, il est trop mignon, mon amour ..Et re-belotte, les larmes coulent …
Ce qui est dramatique dans mon cas, c’est que je pleure autant pour des choses importantes que pour des petites contrariétés, voire même pour des choses qui ne me concernent pas directement.
Mon chéri soupir de lassitude à l’idée de faire les magasins ce week-end : je pleure. Il n’appelle pas son avocate : je pleure. L’ours polaire s’épuise à mort à cause du réchauffement climatique dans le reportage d’ARTE : je pleure. Ingrid Bétancourt, le regard lumineux, retrouve ses enfants : je pleure.
Je pleure facilement, c’est une façon peut-être pour moi de me laver de mes émotions, de les faire sortir. Après ça va mieux. Je me sens calme, sereine et reposée. Mais c’est quand même impressionnant à vivre et parfois chiant tant pur mon entourage que pour moi.
Et j’ai comme l’impression que dans quelques semaines, quand on mettra mon petit garçon sur mon ventre pour la première fois, je vais beaucoup pleurer…



