04 novembre 2009
Tout d'un blog !
Mon blog aura bientôt cinq ans (déjà) et il m’arrive souvent d’en être insatisfaite : manque de temps, de courage, de rigueur, de plaisir. Je m’auto-censure beaucoup aussi et cela nuit tant à ma créativité qu’à cet aspect salvateur qu’écrire sur un blog peut procurer. Et cette sensation de tourner en rond avec des sujets tellement futiles, ou de voir des statistiques proches du zéro … bref, il m’est souvent arrivé, comme bon nombre de bloggeurs de me dire « ça y est, il est temps de laisser Miss Line de côté !». Un joli billet pour dire au revoir à mes quelques amis internautes et je tire ma révérence laissant place à d’autres plus fraîchement arrivés dans la blogosphère ou tout simplement ayant plus de talent et d’audimat !
Il y a cinq ans est née Miss Line et son blog. Entre mes péripéties qui faisaient sourire mes proches, une facilité à les raconter et surtout un plaisir fou à écrire, j’ai été encouragée à publier sur internet. Moi qui n’avais jamais rien écrit d’autre que des dissertations sur des sujets littéraires ou des procédures pour mon travail, j’avais enfin la possibilité d’écrire sur moi-même (quand la part de nombrilisme prend le dessus ...) mais aussi de m’inventer un personnage, un univers et jeter telle une bouteille à la mer mes textes à l’oprobe du public zappeur d’internet. D’ailleurs, la possibilité d’un public m’a permis de m’engager dans une certaine régularité grâce à ce média.
Je viens de refermer le livre Tout d’un blog de Coumarine. Coumarine est arrivée sur mon blog quasiment à ses débuts. Etre encouragée dans mon travail d’écriture par cette personne dont j’aime l’être et admire l’écriture a d’abord été pour moi une surprise et un honneur.
Coumarine était une référence pour moi dans ce monde jusqu’alors inconnu et devient par ce livre et ses billets dans ses Petites Paroles Inutiles, entre autres, une référence aussi dans ce monde virtuel, chaleureux et impitoyable de
Je me suis retrouvée lorsqu’elle évoque avec tendresse la dichotomie du blog « journal intime » (De quoi sera fait demain est catégorisé ainsi sur canalblog, même si le choix de la catégorie ne s’est fait non sans difficulté lors de son ouverture) : celle de se raconter dans l’intimité de son être tout en espérant échapper à cette auto-censure acerbe liée au fait que ces écrits deviennent publics. Son analyse de ses propres motivations à se lancer dans l’aventure du blog : « Ecrire pour moi, voilà ce que je demandais à Coumarine, du moins dans un premier temps ! Ecrire pour clarifier le présent comme le passé, réfléchir par écran interposé à propos de l’ordinaire et de l’extraordinaire » (in Tout d’un blog, p.35)
J’ai reconnu l’angoisse presque de maintenir cet équilibre fragile entre l’intime si vulnérable et la peur d’être reconnue, lue, jugée, violée presque par ceux que je fréquente dans la « vraie » vie. Et pourtant, je fus bien la première à donner l’adresse de mon blog, fière de montrer aussi mon talent ! Aujourd’hui il m’arrive d’appeler des amis pour prendre de leurs nouvelles et d’entendre en réponse : « toi je sais ce que tu deviens, j’ai lu ton blog » ! Alors entre volonté farouche de brouiller les pistes et le choix du ton de la confidence, de l’authenticité, les blogs rendraient presque ses auteurs schizophrènes.
Je me suis amusée de son analyse du relationnel engendré par nos blogs, les amitiés virtuelles, les commentaires parfois condescendants ou blessants.
J’ai aussi appris sur l’art de la séduction bloggesque et la gestion des fameuses statistiques (faut-il parler des seins de Britney Spears pour attirer du monde chez soi ?). Sa description de la spirale dans laquelle je suis tombée du premier (ou presque !) geste du matin à découvrir les commentaires de son dernier billet ou à aller aux « nouvelles » de mes blogs favoris.
J’ai pris du plaisir à relire l’histoire de cette petite sardine blog-trotteuse si attendrissante et globalement me suis retrouvée dans cette description d’une aventure bloggesque, à la fois aliénante, décourageante, valorisante et stimulante. Sa conclusion porte tout de même en moi l’espoir de prendre et donner du plaisir encore longtemps (qui sait de quoi sera fait demain d’ailleurs ?) en faisant évoluer mon blog à mon rythme. Il s’agit là d’un grand exercice d’humilité et de persévérance combinant le plaisir des mots et l’apprivoisement de cette liberté offerte grâce à internet.
En refermant le livre de Coumarine, j’avance dans ma réflexion sur ce blog et alors que les doutes souvent m’appellent, je continuerai bon gré mal gré à écrire des billets sous ce pseudo pour lequel j’ai beaucoup d’affection et de tendresse et aussi à lire des Petites paroles inutiles ici ou là en songeant à ces rencontres si enrichissantes que les blogs, par surprise, m’ont offert.
29 mai 2009
Un trekking dans les nuages
Je me souviens de notre conversation sur le mariage : nous n’étions pas franchement d’accord et même si j’ai eu du mal à en placer une, j’ai vraiment aimé son engouement toujours intact.
Je me souviens de ces parties de tarot que l’on faisait en famille après un très bon repas concocté par sa femme et la soufflante que je me suis prise un jour, m’étant fait soufflé le « petit » à la dernière minute. J’ai cru ce jour-là qu’il allait me fusiller ... pour une partie de cartes !
Je me souviens de ces soirées à regarder des Tex Avery en V.O. avec lui et mes cousins et être impressionnée par sa capacité à manger par un, par deux mais tout le paquet d’esquimaux et garder sa ligne d’athlète.
Je me souviens d’avoir eu peur lorsqu’il partait en trekking à l’autre bout de la planète avec ses béquilles et qu’il rentrait, comblé, en disant que oui, à 3600m, là c’était « un peu » difficile.
Je me souviens de ses soirées interminables à regarder les milliers de diapos qu’il prenait lors de ses voyages. Qu’est-ce que c’était beau mais qu’est-ce que c’était long aussi !
Je me souviens qu’il a toujours été respectueux de la nature même s’il travaillait pour ses usines qui font du nucléaire caca boudin.
Je me souviens de sa capacité à faire le clown pour faire rire ses enfants. IL pouvait être plus immature que nous les gamins, quand il voulait.
Je me souviens des fois où il simulait de pleurer comme une madeleine pour se moquer de ma petite sœur qui chouinait dans les jupes de sa mère. C’était radical pour la vexer et la faire taire !
Je me souviens de ce mail que je lui avais envoyé sur les répressions au Tibet et de sa réponse qui m’a ébloui sur les connaissances qu’il avait acquises sur cette partie du monde.
Je me souviens de cette capacité exceptionnelle de se relever à chaque fois que la maladie tentait de le clouer au lit.
Je me souviens qu’il revendiquait au et fort que l’important, c’était le bonheur, envers et contre tout, et qu’il a raison.
Aujourd’hui je le pleure mais il est quand même un de mes super héros parce qu’en me souvenant de lui, je retrouve déjà le sourire.
Salut Tonton, je suis sûre que t’as déjà repris le sac à dos et l’appareil photo pour un trekking dans les nuages. Bonne route !
04 mai 2009
Le bonheur est fragile
C’étai il y a plus d’une semaine maintenant.
Il faisait beau. Nous étions tous les trois, mon grand chéri, mon petit chéri et moi à nous demander comment profiter de ce beau week-end. Je me sentais heureuse et amoureuse. Cela m’entraînait à espérer pouvoir surmonter cette foutue fatigue qui m’habite depuis quelques temps.
Le lardon nous a épaté tout d’un coup en insérant les syllabes à son babillage habituel et mon amour prévoyait encore une fois de m’épater avec ses bons petits plats.
Promis, on irait faire des courses pour remplir le frigo !
Et puis voilà. Coup de fil du laboratoire : « votre fils à une infection urinaire, il faut vite prévenir votre médecin ! ».
Pas le temps de réaliser que mon médecin m’appelle lui aussi dans la foulée : « il faut partir aux urgences, vous ne trouverez personnes sur un week-end en ville pour le soigner ».
Mince. Il semble aller si bien mon Lardon pourtant. La fièvre était tombée la veille au soir. Nous décidons quand même de sacrifier notre déjeuner et fonçons à l’hôpital, n’imaginant pas une seconde le marathon que nous allions vivre.
Durant quatre jours, nous avons connu l’intensité des urgences. J’ai été hors du monde durant ces quatre jours. L’attente d’abord. Des heures interminables. Les nerfs qui lâchent bien sûr. Le confort des enfants. Difficile à canaliser mais mon petit amour m’a démontré une fois de plus sa tranquillité et sa patience. Je suis admirative et fière. L’angoisse et la douleur. Comment
La confrontation au corps médical ensuite. J’ai horreur des hôpitaux et pourtant je me suis sentie en sécurité, j’ai appris à faire confiance à une équipe formidable qui malgré son manque de disponibilité flagrant a pris réellement en considération la maladie de l’enfant mais aussi tout son être et de ses parents.
La solidarité entre parents enfin dans la détresse et l’attente. Les hôpitaux me glacent et pourtant des échanges de paroles simples mais essentielles m’ont aidées à tenir. De grands moments d’humanité.
Durant quatre jours, j’ai vécu des moments intenses, difficiles mais enrichissants.
Puis c’est au tour de mon grand amour de fléchir. Cloué au lit, j’ai croisé un être plus zombie que moi encore. Et nous n’avons fait que nous croiser ces derniers jours, parce qu’il m’a fallu reprendre le chemin du travail, en plus d’assurer tout le reste. Je n’ose imaginer quand m’occuper de moi. Ca viendra ...
Mon petit Asticot lui a repris le sourire : il m’impressionne de tous les progrès qu’il me fait découvrir chaque jour. Son papa lui fait découvrir plein de choses et leur complicité m’émerveille. Le soleil est revenu et je vais déjà rempoter mes plants de tomates. Bientôt la maison sera de nouveau emplit de joie, d’amis, de famille et d’amour.
Il va falloir quand même remplir ce frigo et, j’espère ce week-end, retrouver cet équilibre si fragile qu’on appelle bonheur.

23 avril 2008
Chamallow girl
Je me laisse porter.
Je n’accepte plus d’être disponible pour tous, n’importe quand, à n’importe quel prix au travail.
La tempête approche à grands pas. Je la laisse venir et me refuse de paniquer : c’est sûrement une bonne chose pour moi. Je serai confiante cette fois-ci.
Les pollens volent dans l’atmosphère et me transmettent un rhume qui me prive de mon odorat et met mes facultés intellectuelles au ralenti. Et j’aime ça.
J’aime entendre ma voix douce, calme qui transmet cette fois-ci beaucoup de sérénité autour de moi.
Je me laisse aller à l’essentiel en rentrant à la maison : des câlins, des caresses et des mots d’amour.
J’ai laissé mes rancoeurs de porte manteau au placard. J’arrête de diriger mon petit monde et de le vouloir parfait. J’accepte le rythme de chacun.
Je marche au ralenti et écoute mon ventre. Bébé est une personne, mon enfant que j’aime déjà tel qu’il est.
Je me sens chamallow aujourd’hui et ça fait un bien fou !

02 avril 2008
Hic et nunc
Il y a plusieurs années où visiblement je m’ennuyais au bureau, j’ai pris l’initiative avec mes collègues de m’inscrire sur un site du style « perdu de vue » sans Jacques Pradel.
Le jeu m’avait déjà lassée vite et après avoir renseigner par quelques notes succinctes mon « profil », j’avais laisser choir ceci et comme j’avais reléguer le lien entre ce site et moi avec une boîte aux lettres « poubelle » que je n’ouvre que très sporadiquement, rien ne se passait.
Et puis il y a quelques semaines, alors que je sélectionnais en masse les messages de cette mailbox pour les supprimer sans les lire, je me suis tout de même attardé à l’un d’entre eux.
« A. vous a envoyé un message ».
Des A., il n’y en a eu qu’un dans ma vie. Et je ne pouvais pas l’avoir oublié. Il a été mon meilleur ami au lycée et mon flirt durant mes années fac. Il était à la fois mon bien et mon mal. Nous avions eu du mal à tourner la page mais le temps s’était écoulé pour moi et avait effacer tous ces remous. Il y a quelques années déjà, par je ne sais quel miracle il m’avait appelé. Je n’avais pas voulu comprendre ce qu’il voulait mais moi, je voulais à tout prix m’en protéger. Et j’étais amoureuse d’un anglais, et j’étais loin de lui donc rapidement, A. ne m’a plus contacté.
Mais là A. et revenu aux nouvelles. J’ai donc répondu à son mail avec beaucoup de précautions et sans m’investir. Il sait que j’habite toujours loin. Que j’aime celui qui va être le papa de ce bébé qui grandit dans mon ventre et que je lui souhaite le meilleur pour lui. A. encore une fois ne m’a pas répondu. Ce comportement reste énigmatique à première vue. Et je n’irai pas plus loin que là.
J’ai ouvert de nouveau ma boîte aux lettres quelques temps après. « Steph. Vous a envoyé un message ». Je fonce littéralement l’ouvrir. Je n’ose y croire. Oui c’est ça ! Une explosion de bonheur ! Steph, je l’ai cherché en vain quand j’ai quitté le cocon familial. Mais elle aussi était partie ailleurs brouiller les pistes et tourner la page. Donc j’avais beau avoir demander de ses nouvelles à plusieurs personnes, c’était toujours vain. Et là, par le plus grand des hasard, elle a envoyé une bouteille à la mer et je venais de la recevoir.
Depuis nous sommes heureuses l’une et l’autre de s’être retrouvées, ce 14 février (!) et malgré la distance, les nouvelles sont aujourd’hui quotidiennes et indispensables : notre amitié, interrompue pendant une dizaine d’années a repris de plus belle.
Alors je regarde de plus près ce site qui m’a permis de retrouver mon amie. J’ai donc affiné mon « profil », ai même ajouté une photo puis j’ai glané dans les fichiers relatant du passé.
Je n’attendais pas de pierre aussi précieuse que celle que m’a déjà offert le site, mais peut-être quelques bons souvenirs.
Bizarrement ce sont surtout quelques camarades de classe de primaire qui me contactent : l’un vit à quelques kilomètres de chez moi, d’autres au Québec ou à Amsterdam. Ces petits garçons sont devenus des hommes grands et forts désormais. Et c’est avec une grande tendresse que j’apprends que leur vie à chacun les rend heureux.
D’autres retrouvailles m’échappent d’avantage. Je mets des freins, je reste vague et dilettante tout en protégeant au maximum ma propre vie, en donnant le minimum d’informations. Ces étudiants avec qui j’ai pu réviser mes examens à la fac ou passé de nombreuses soirées arrosées, je n’ai plus grand-chose à leur dire. Nos n’avons plus grand-chose à nous dire surtout. Certains tentent tout de même de garder le lien retrouvé à tout prix. Moi, j’ai appris que sur mon chemin, il y a des gens qui sont la juste pour un instant, d’autres pour m’accompagner un moment et enfin ceux qui sont là pour toujours. Je suis assez lucide pour distinguer ceci a priori et n’ai rien à attendre de plus que ce petit clin d’œil de ces anciens camarades. On s’est croisé, on s’est salué. Bonne route à toi et peut-être rendez-vous dans dix ans, qui sait ?
J’ai regardé défiler des photos mises sur le trombinoscope de ce site. Les personnes d’une vingtaine d’années semblent fêtards et joyeux. Ceux qui approchent des vingt cinq ans, fiers d’être aux bras de leur épouse avec sa jolie robe de mariée. Ceux qui ont la trentaine se réfugient pour la plupart derrière leur progéniture. Les plus âgés, semblent surtout montrer leur barbe et leur corpulence bedonnante, d’un air faussement détaché. Mais que viennent-ils chercher chacun d’entre eux dans leur passé ? Et moi, que fais-je là, moitié voyeuse, moitié dépassée par ces personnes qui tentent de nouveau de se faufiler dans ma vie. Je me rends compte que je n’aime pas ça, que ce site m’a offert ce qu’il y avait de plus précieux : une amie et que je n’ai plus rien à attendre de lui. Alors bientôt, je vais fermer la page, repêcher cette bouteille que j’ai laissée sur une page web et retourner totalement dans ma vraie vie, celle d'ici et d’aujourd’hui.
05 mars 2008
Un bout de mon adolescence s'est éteind
Je sors de réunion hier : un marathon de quatre heures. Je n'en pouvais plus ! Mon jean commence à être trop serré et impossible devant le PDG de le déboutonner. Il paraît que ça fait désordre.
Je retourne à mon bureau, espérant vivement qu'il ne me faudra que quelques secondes pour éteindre l'ordinateur, souhaiter une bonne soirée à ma collègue et me précipiter dehors pour retrouver mon amoureux qui m'attend sûrement impatiemment à la maison.
Mais je vois une fenêtre msn allumée. Je l'ouvre. C'est mon petit frère, il m'annonce que Jeff Healey est mort. Mon rythme de trentenaire à la noix s'arrête net. Jeff Healey est mort ! D'accord, vous ne le connaissez sûrement pas. Déjà à l'époque, à la fin des années 80, personne ne le connaissait. Moi, j'écoutais sa chanson Angel Eyes à fond dans le casque de mon walkman, le soir avant de m'endormir. Je larmoyais et chantais en playback (parce qu'à tue-tête, ce n'était pas possible) ses chansons rock/blues.
Je l'ai vu en concert, ce guitariste hors paire avec une amie et son papa au blouson en cuir (oh que j'aurais aimé à l'époque avoir un papa comme ça, le miens m'amenais plutôt écouter Les cloches de Corneville.. un autre style !). Jeff Healey, il faisait pleurer sa guitare. Aveugle, il jouait assis mais faisait vibrer la foule.
Mon petit frère a gardé lui son amour de la bonne musique. Moi maintenant, j'écoute tout ce qu'il passe à la radio, sans conviction. Alors quand il m'a annoncé hier que Jeff Healey est mort, à 41 ans, ça m'a fait un choc. Et j'ai eu envie de retrouver ces sensations d'adolescente, lovée dans mon lit, mon walkman visé sur mes oreilles à écouter ces musiciens dont les notes avaient une âme.

05 janvier 2008
Ô compagnon !
Ca fait trois ans qu’on vit ensemble mine de rien. Comme dans une vie de couple, j’ai l’impression que ça fait une éternité et pourtant que j’ai encore tellement de choses à construire avec mon compagnon d’écriture sur le net qu’il me semble que la route avec lui n’en est qu’à ses débuts.
Lorsque j’ai rencontré mon homme, je lui avais « offert » son adresse pour qu’il puisse aller y faire un tour. Ce fut l’occasion pour lui de me découvrir un peu plus (de m’aimer aussi peut-être d’avantage..) et pour moi de faire une petite introspection.
Aujourd’hui, je ne ressens pas encore le besoin de m’arrêter pour relire mes textes. Je sais qu’ils sont là, que mon histoire est un peu là, et cela me rassure et me plaît déjà beaucoup. Peut-être qu’un jour les portes se fermeront, peut-être qu’un jour je n’aurai plus envie d’écrire là, mais ce blog, je l’aime, comme j’aime un compagnon de route, fidèle et tolérant.
En trois ans, j’en ai vécu des choses : du chômage d’abord, du célibat, quelques emmerdes, quelques rigolades, d’autres coups de cœur, un amour, du travail, un regard sur ce qui m’entoure, des enfants autour de moi, un projet de bébé maintenant … et certains d’entre vous sont là avec moi depuis le début. Cela me touche tellement ! J’aime aussi à découvrir de nouvelles personnes qui viennent faire un tour ici, et qui m’offrent le privilège de me lire (cela m’émeut toujours de savoir qu’une page web, au milieu de milliard d’autres est lu et a pu provoqué une quelconque émotion..), cela me donne l’occasion souvent de découvrir à mon tour leur talent et leur univers.
Ce blog et vous-mêmes m’avez aidé à surmonter bon nombre d’épreuves. Cela me fait du bien de me défouler sur ces pages d’écriture, c’est comme vital chez moi. Mon chéri me trouve pipelette, en « vrai » mais cela ne tarît pas pour autant mon envie de m’exprimer aussi par écrit et aussi ici, sur ce blog, cet espace un peu douillet dans lequel vous êtes les bienvenus. Quant à votre présence, elle m’est si précieuse. Je considère bon nombre de ceux qui me laissent des petits mots ici comme des êtres chargés d’amour, gratuit et tellement précieux. Sachez que j’apprécie cela à sa juste valeur.
Ce blog parfois je le malmène aussi, comme je suis capable de le faire pour moi : souvent la forme ne me plaît pas : j’aimerais tant qu’il soit plus beau ou au moins qu’il me ressemble plus. Je pense qu’il faudra encore quelque temps mais il risque de changer de couleur (et d’humeur) d’ici peu. Je laisse les choses mûrir en moi, tout doucement, parce que ce blog, je l’aime tout de même, et je n’ai pas envie de le brusquer, de lui faire du mal, de le tailler de toutes parts, regrettant par la suite une coupe trop franche.
Les textes écrits ici parfois, je les critique aussi un peu durement. Il paraît qu’on est plus exigent avec ses propres enfants... Je ne sais pas. Souvent, je ne relis pas mes textes après qu’ils soient publiés, je les laisse vivre parce que je sais qu’ils avaient leur raison d’être à cet instant de ma vie.
Ce blog a aujourd’hui 3 ans, et j’ai envie de continuer ma route avec lui encore. Je vous remercie de nous accompagner dans notre route, vous êtes les bienvenus, nous fêtons notre anniversaire aujourd’hui, alors on souffle les bougies !
27 décembre 2007
Le goût des autres
Comment faire partager son goût pour la lecture ?
Le « goût pour la lecture » ... déjà là, j’ai l’impression encore une fois d’atteindre le snobisme. C’est comment lorsqu’on me demande où je suis née, je réponds vaguement « en région parisienne » mais soit mon interlocuteur s’offusque de ce flou volontairement énigmatique, soit, moins subtilement, il me demande de préciser. Et quand je réponds, résignée « Neuilly sur Seine », je sens souvent une gêne qui me paraît pourtant bien injustifiée.
Pour la lecture, il en est de même. Je pense pourtant avoir une ouverture d’esprit assez éclectique. Certes, il y a quelques années encore, je pouvais dévorer un Starobinski en une nuit mais comme j’aime découvrir, je reste ouverte à tout type d’ouvrage : j’ai même lu un San Antonio cette année (et ai bien apprécié ce style qui pour moi est novateur, et oui, je découvre l’argot seulement maintenant, comme quoi, la culture s’acquiert progressivement, pour ceux qui en doutaient encore, ce n’est pas un don du ciel !). J’ai la chance de pouvoir me laisser guider par mes envies et conseils de mon entourage.
Alors, j’étais très heureuse de pouvoir avoir « carte blanche » quant à l’achat de quelques ouvrages pour une bibliothèque. Je n’ai pas voulu pour une première fois acheter trop de livres. Quatre suffisaient pour un premier test : un livre « témoignage ». Habituellement, je n’aime pas trop ça, je trouve souvent cela inutile, mais aux vues des lectures des usagés du métro, cela se vend bien. J’ai observé quelqu’un qui soupirait en lisant la quatrième de couverture d’une biographie de France Gall ce matin, c’est pour dire ! Ce livre de All Gore, prix Nobel de la Paix, tout de même, cette année. La formulation n’est pas très heureuse, me semble-t-il, parce qu’il y a neuf chances sur dix que ce monsieur ait fait appel aux talents de ce que l’on appelle de façon méprisante, et injustifiée à mon goût un « nègre ».Je trouve cela encore bien dommage .. L’écologie, en plus d’être une cause à laquelle j’adhère totalement, semble être « tendance » :bah oui, il faut être à la mode pour être écouté, j’ai même découvert que sur Gulli, chaîne télévisée dédiée aux enfants, passaient en boucle des clips vidéo du type « protège ta planète », moi, j’avoue boire du petit lait quand ça passe et que les filles chantonnent le refrain .. j’aurais tendance à vouloir les influencer sur ce thème-là.
Puis un autre, toujours dans le soucis de « ratisser large », numéro un des ventes dans le genre « bien-être », soin de soi, dont j’avais lu un extrait et qui semble, si l’on applique les préceptes expliqués dans cet ouvrage, permettre d’améliorer son style de vie et sa santé. Je pensais que cela ne pourrait être que fédérateur !
Un roman à l’eau de rose d’un auteur français populaire et pour finir, L’élégance du hérisson.
Une vraie catastrophe ces choix de livres. J’ai bien observé : personne n’en a réservé un. J’ai même tenté de faire de la publicité pour ces nouveautés à quelques personnes intriguées de voir de nouveaux ouvrages. Rien n’y a fait, c’est soit « pas intéressant », soit « trop compliqué »… Bref, seul un livre a été emprunté, il s’agit de L’élégance du hérisson … par moi ! (oui j’avoue m’être quand même fait un peu plaisir en achetant un ouvrage que j’avais très envie de lire). Je me délecte à lire ce roman. J’aime bien l’écriture de son auteur dont j’ignorais l’existence jusqu’à présent, j’aime ses références culturelles qui sans devenir prétentieux participent amplement à l’esthétisme de la narration, j’aime ses personnages, faussement banaux. Je prends du plaisir à lire ce livre, j’aimerai tant que dès que je l’aurai rendu à la bibliothèque, il soit de nouveau emprunté et qu’il passe de mains en mains et qu’il permette à quelques personnes de prendre quelques instants de plaisir à sa lecture.
Cette problématique du plaisir de lire et de la transmission de ce plaisir qui m’est si difficile, j’en suis directement confrontée : autant depuis toujours j’ai été entourée de livres et de lecteurs (ah la bibliothèque de mes parents, et le rituel d’achat de livres pour moi avec maman chez Decitre … ça m’a quand même aidée dans ce sens-là), autant aujourd’hui je vis sur ce point-là avec un extra-terrestre : mon homme n’avait aucun livre chez lui avant que je ne m’installe (depuis l’équilibre est rétabli !) et visiblement, ce n’est pas dans sa culture du tout. En fait, c’est vraiment un monde que je découvre, intriguant !
Pourtant hier soir j’ai eu un moment de bonheur intense : la Crecre a lâché un film qui n’était pas franchement pour son âge pour venir me rejoindre dans mon lit. J’ai éteint la télé et elle m’a demandé de lui lire un des livres que le Père Noël lui avait offert. Elle s’est endormie dans mes bras, rêvant sûrement de l’histoire du petit sapin qui aurait tant aimé être paré de mille lumières pour la soirée de Noël. Si je pouvais au moins transmettre ce plaisir qu’est la lecture à une personne, je serai si heureuse …
04 décembre 2007
Esthétisme encore en friche
Je voudrais avoir du temps pour … .. écrire, écrire et encore écrire … j'ai tellement de choses à dire, de phrases en tête, d'histoires à raconter… Et puis, j'ai un style à améliorer, des mots à caresser, des phrases à peaufiner… .. rendre mon univers plus beau … l'esthétisme est un luxe auquel j'aimerai pouvoir me délecter plus souvent : je fais des tableaux, donne un coup de neuf à une commode désuète mais je ressens encore ce déséquilibre, cette sensation d'avoir encore plein de choses à faire, des détails à ciseler… .. me regarder dans la glace d'avantage et me rendre plus belle .. me coiffer le matin, mettre des bijoux, un peu de rose aux joues… .. donner à mon corps tout les soins qu'il mérite .. une alimentation toujours saine et délicate, vivre à son rythme et non pas lui en imposer un qui le bouscule si souvent … .. offrir d'avantage d'amour autour de moi .. des attentions pour ceux qui m'entourent, que j'aime ou apprécie, arrêter de culpabiliser de voir le temps défiler et m'envahir de culpabilité et de rêves vains .. Alors à partir d'aujourd'hui, je me promets de faire chaque jour une parenthèse pour moi et les miens, pour parer la vie d'un peu plus de douceur et d'esthétisme ! 
29 novembre 2007
Arrête de rêver !
Il n'y a pas une semaine où je ne remets pas ma grande carrière en question. J'aime bien mon boulot, les conditions y sont agréables, j'arrive même encore à m'enflammer pour pas grand chose, c'est pour dire à quel point je me sens impliquée, mais … Mais j'aurai aimé faire un métier grâce auquel je transmets du savoir : Je voulais faire "maîtresse". Mais j'aurai aimé faire un métier manuel au contact de la matière, de la nature : Je voulais faire "fermière". Mais je voulais faire un métier qui fait du bien à ceux qui en ont besoin : Je voulais faire "sophrologue". Mais je voulais faire un métier créatif : Je voulais faire "écrivain". Peut-être faudrait-il arrêter de me battre contre des moulins à vent, ne pas atteindre la frustration, accepter la situation actuelle et se faire une raison. Prendre sa paie et attendre la retraite ? Mais j'aurai aimé être moins utopiste. Mais ça ne serait plus moi. Alors je continue à rêver. Ca me permets de laisser une fenêtre ouverte pour le jour où j'aurai fait un choix, où je trouverai du courage sûrement aussi. Peut-être ou peut-être pas d'ailleurs, parce que je me laisse le droit d'avoir d'autres rêves, d'évoluer. Je veux juste pas étouffer et continuer de rêver … il ne faut jamais lâcher la main à l'enfant qu'on a été



