14 mai 2008
Crapaud pisseux !
C’est ce qu’on dit à la maison quand la baguette magique de la Crecre se met toute seule (si, si je vous assure) à s’illuminer, scintiller et faire du bruit. Elle est vraiment magique cette baguette… Sauf que le « crapaud pisseux », on dirait que c’est moi aujourd’hui. Et oui, y’a des jours comme ça où on aurait mieux fait de ne pas se lever. J’aurai accepter n’importe quel prétexte pour éviter d’affronter ma vie sociale aujourd’hui. Même payer, tiens !
Bah oui, y’a des jours comme ça où on a son lot de petites contrariétés condensé de la semaine. Depuis le début de ma grossesse, j’ai mes défenses immunitaires déficientes (c’est comme ça que les médecins m’expliquent les choses, avec leur grand sourire sadique) : du coup je me chope toutes les mycoses et toutes les infections oculaires (va savoir pourquoi) que je n’ai jamais eu jusqu’à présent. Bref, aujourd’hui, outre le fait que j’ai des petits inconvénients du côté du minou (pour faire soft), je me retrouve à moitié borgne, l’œil droit pleurant, gonflé, rouge et brûlant : j’adopte le regard envoûtant du crapaud quand je n’ai pas les paupières collées par une crème qui ferait croire, histoire de mettre la cerise sur le gâteau, que mon œil est aussi purulent. Bref, à chaque regard que je croise, je sens monter angoisse, peur voire sarcasme, au mieux compassion. Quand je vous dis que j’aurais été bien mieux chez moi ! Donc ça n’aide pas tout ça pour commencer la journée du bon pied.
Ajouté à ces handicaps, des choix peu stratégiques d’habillement : un tee-shirt qui m’arrive au nombril (heureusement que j’ai ma super ceinture de grossesse qui me sauve la vie à chaque fois), un gilet piqué à Freddy Krüger (décidément, je fais dans le film d’horreur aujourd’hui) et des baskets montantes dans lesquelles je crève de chaud.
Après ça, mon chéri, qui ne capte rien à la subtilité féminine parfois, me ravive mes nerfs sans s’en rendre compte : après avoir délaissé son divorce pendant deux mois (c’est fou comme le « urgent » devient parfois moins « urgent » et redevient « urgent » le jour où moi, je ne suis pas disponible pour être zen), il me demande de corriger un courrier qu’il envoie à l’avocat. Il y a des fois où je fusillerais toute la smala, moi je vous le dis ! Après, il papote avec sa fille qui donne son avis sur l’éventuel prénom de bébé. Sachant que son avis correspond à celui de sa mère : il m’en faut pas plus pour que je devienne furibarde.
On fait les magasins « pour se détendre » ce midi : mon chéri revient avec LA lampe qui lui plaît, un bel ensemble d’été pour lui et moi : nada, que dalle, rien ! Pourtant il y avait ce joli panier en osier à moins de 4 euros qui me plaisait (« pas pratique et encombrant », paraît-il) et je voulais aller à la librairie acheter le nouveau Famili (« plus le temps »)… alors mon vieux, on a beau revenir de Tunisie et même si toi, tu trouves ça joli, non, je ne prendrai pas cette djelaba qui te fait de l’œil (au secours, mon chéri veut que je porte le tchador bientôt !!!).
Autant hier toutes les démarches administratives que j’entreprenais se passaient merveilleusement bien, autant aujourd’hui, bien évidemment, j’ai l’impression de tourner en rond…mais j’avoue ne même pas en être surprise.
La journée n’est pas terminée, je me demande bien ce qu’il va me tomber sur la tête … en tout cas, c’est sûr, dès que je peux, je vais me coucher, parce que là, y’en a marre de cette journée pourrie !
P.S. : à l’instant où je tente de rédiger cette note (dur dur au boulot de jongler parfois …) : j’ai un collègue qui veut « urgemment » ses dossiers (même si c’était de l’humour, moi, j’ai pas ri) et je me suis littéralement aspergée d’eau en ouvrant ma bouteille de St Yorre qui visiblement aurait été secouée.

