03 janvier 2008

Réflexion sur la vie et la mort en entreprise

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu cette expression, mais pour ma part, je l’ai entendu dans bon nombre d’entreprises que j’ai fréquentées. Il y a quelques minutes, je demande à mon collègue :

-          « tu as réussi à avoir Harry Machinchose au téléphone ?

-          Non, il n’existe plus.

Moi j’ai joué la provocation, un tout petit peu :

-          « Ah bon, il est mort ?

-          Non, il a été remplacé. »

Ca me choque un chouillat cette expression, « il n’existe plus » : comme si notre existence, notre vie été définie par le poste qu’on occupe dans une entreprise.

Durant des années, je ne me suis pas sentie concernée par celle-ci. Normal, je « n’existais pas », de toutes façons, à leurs yeux. J’étais en CDD, en intérim, prestataire, en fin, juste de passage. Bien sympa, certes, mais j’avais bien compris que d’un point de vue professionnel, je n’étais là que pour accomplir quelques tâches (si possibles celles que le personnel fixe n’avait pas envie de faire eux-mêmes), remplacer une femme partie accoucher ou répondre aux besoins d’une surcharge temporaire de travail (ce prétexte là a été évoqué plus d’une fois pour justifier le renouvellement de certains de ces contrats). Donc j’avais tout de même l’avantage de ne jamais « mourir » lorsque je quittais ces entreprises puisque je ne les avais jamais réellement intégrées.

Maintenant que j’ai été intégrée à la Grande Famille de l’Usine à Gaz, j’ai comme l’impression d’être passée de l’autre côté de la barrière. J’ai un bureau à moi avec ses clefs son mon porte-clef, un ordinateur à mon nom et les gens savent tous comment je m’appelle. C’est un gros progrès, certes. Mais cela m’effraie tout de même un peu parce qu’un jour, c’est sûr, il y aura quelqu’un qui voudra me contacter et qui apprendra que « je n’existe plus » aussi. Alors, j’aimerai qu’avant ce jour-là, je puisse leur dire que non, quand on quitte une entreprise, par la grande ou la petite porte, on existe toujours, et que même parfois, c’est parce qu’on a envie d’exister, de vivre sa vie, qu’on n’est plus là, à son bureau et qu’on a rendu les clefs…

Posté par Miss Line à 16:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Réflexion sur la vie et la mort en entreprise

  • mice alors, j'avais mis un commentaire!
    il est plus là !
    Tant pis!
    Je disais que tu avais raison.
    Bises

    Posté par val, 04 janvier 2008 à 23:18 | | Répondre
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