De quoi sera fait demain ?

Humeurs, états d'esprit, journal de bord d'une Miss bien trop souvent On Line ... quoi que, je m'améliore !

19 septembre 2005

Françoise et Sigmund parlent de libido ...

Il y a deux ans, je voyais pour la dernière fois ma psychanalyste. Elle partait en congés maternité. J'appréhendais cette période "sans filet" sachant que j'étais déjà entrée dans le cycle de la dépression.
Je lui ai donc demandé conseil quant à cette période d'arrêt de nos séances hebdomadaires. Elle m'a conseillé de lire. Et m'a proposé de prendre un livre, selon mon envie du moment. Me laisser choisir rendrait, selon elle, cette sélection pertinente. Gouroutisée par les librairies, c'est avec plaisir que j'ai foncé dans le rayon "psycho" de la grande librairie.
Mon choix rapidement s'est tourné vers Dolto. Cette grand-mère qui, durant mon adolescence m'avait déjà aidé à passer ce cap difficile pouvait, je pensais, m'accompagner dans cette nouvelle période hostile.
Mais quel livre choisir ?
Un d'entre eux s'est imposé à moi : "Sexualité féminine".
Ma psy a souri (ça lui arrivait parfois) quand je lui ai expliqué mon choix.
Ce livre était là pour me donner une clef supplémentaire au coffre-fort que je suis.

Et puis, j'ai continué à m'enfoncer. Je ne voulais plus entendre parler d'analyse, d'introspection. Les seuls bouquins que j'arrivais à dévorer à l'époque, c'était les Harry Potter et Bridget Jones... Il me fallait du simple, du divertissant.

Je n'ai plus revu ma psy. Après des mois de réflexion, j'ai estimé que je n'avais plus envie de son accompagnement sur mon chemin. Et j'ai évoluée parfois seule, parfois aidée par des rencontres constructives..

Et aujourd'hui, lundi matin, je pars au travail encore une fois dans la précipitation. Mais il était hors de question de prendre les transports en commun sans un livre. Heureusement, quelques ouvrages de ma bibliothèque n'ont pas eu l'honneur d'être encore ouverts.
Sans réfléchir, j'ai pris ce livre.
Il avait un peu jauni, déjà et m'a permis de me remémoré cette période de ma vie que je ne souhaite revivre pour rien au monde.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Françoise prend ses précautions : j'ai lu la préface, les dialogues préliminaires, "ce qu'en pense Freud" et enfin l'introduction : 100 pages pour préparer le lecteur à l'angle selon lequel le sujet sera abordé.

Je me sens déjà perdue. Je lutte pour ne pas somnoler en tournant les pages, parfois les lignes se croisent et je dois relire certaines phrases plusieurs fois. Est-ce un rejet ? Je verrai ça en lisant la suite.
Le rhume qui ramolit mon cerveau aujourd'hui ne m'a pas aidé : elle emploit des mots barbares parfois, Françoise. "Régression intertransférentielle", "exogène", "caractère sexuel gonatique"... ouh la la, si elle cherche à m'impressionner, c'est gagner.

De toutes façons, je choisis de lire ce livre comme beaucoup d'autres livres de cette catégorie : en me faisant confiance et en y prenant ce que je dois intégrer ou souligner à cet instant présent.

Bizarrement, certains passages m'interpellent : la façon dont la sexualité est vécue chez la femme est intrinsèquement liée à l'histoire. Elle parle de l'époque de Madame Bovary en disant "si le sexe d'une femme était éloquant, elle se devait de rester muette sur ce qu'elle ressentait" ... et aujourd'hui, cela a-t-il réellement profondément évolué ?
On en revient aussi malheureusement à ces notions de sexe "amputé" part rapport à celui de nos congénaires masculins, de la notion de réceptacle et de ce quasi instinct reproducteur... Ces notions sont-elles toujours ancrées dans l'inconscient collectif ?

Et alors, celui qui m'épate, c'est Sigmund. Déjà, pour lui, la "libido féminine ne peut se justifier" ... prend ça dans les dents ! Et les concepts féminins et masculins se distinguent en trois sens :
1- équivalent actif / passif (devinez qui est "passif"...)
2 - biologique
3 - sociologique (évidemment)

Quand on voit le supplément masculin de Marie-Claire de ce mois-ci avec un dossier pseudo-sérieux sur les poupées gonflabes (oui, nous sommes bien en 2005 !), je crains que l'équilibre entre les deux sexes n'est pas pour demain, même sur ce terrain-là...

Maintenant que l'axe est défini, Françoise me rassure un peu en me disant que dans son exposé, c'est à la fois une psychologue qui parle, avec ses expériences à la fois cliniciennes et auprès de ses patientes, masi aussi en tant que femme avec l'expérience de sa propre sexualité et de l'écoute de sa libido. Et je lui fais confiance à ma Françoise. J'espère que la suite de ma lecture m'offrira un point de vue rassurant sur la sexualité féminine.. et la mienne, tiens, par la même occasion !

Posté par Miss Line à 19:11 - C'est quand qu'on va où ? - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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